mercredi 2 mai 2018

De la traversée de l'Amérique centrale à l'Équateur.

Mardi 23 Janvier. Le moment est venu de reprendre la route. J'avais l'intention de partir hier mais les enfants insistèrent pour que je reste une journée supplémentaire, requête que je ne puis refuser. Ce fut aussi une occasion de vagabonder une dernière fois en compagnie de Ceferino et de se dire au revoir en douceur. Gloria est attristée de me voir partir mais je sais aussi que cela soulagera sa maigre bourse, d'autant plus que voir débarquer chez elle un cycliste qui mange comme quatre ainsi que son frère constituèrent; même si elle n'en eut jamais soufflé mot, un fardeau supplémentaire...Preuve en est: La communauté religieuse de Matamoros offre après la messe dominicale un modeste repas auquel nous sommes bien sûr tous allés et par une autre occasion nous nous sommes également rendus à une fête patronale simplement dans l'optique de pouvoir nous y rassasier à notre guise gratuitement. Bref, vous l'aurez compris, la vie est dure ici, mais heureusement là où il y a de la pauvreté, il y a aussi beaucoup plus d'entraide, de partage et de compassion pour son prochain.
La matinée est déjà bien avancée... Gloria ne voulant pas me voir partir sans avoir pris des forces pour la route à venir. Après lui avoir exprimé une dernière fois toute ma gratitude pour son accueil et que les larmes eurent fini de couler, je me remis donc en chemin.

La ville de Oaxaca, est située à environ 315 km de Matamoros par la 190, aussi appelée la panaméricaine. Entre ces deux points, à mi-chemin environ, se trouve une autre ville, Huajuapan de Leon. Aussitôt sorti de Matamoros que la route ne tarde pas à s'élever...Les champs de canne à sucre se raréfient assez rapidement, laissant progressivement place à des montagnes arides où rien ne pousse pour ainsi dire si ce n'est quelques arbustes. Le sol est rocailleux, l'agriculture impossible alors les gens des environs y vivent essentiellement de l'élevage, comme en témoigne les nombreux troupeaux de chèvres croisés en chemin. Le vent souffle fort et chante dans les rayons durant la première moitié du parcours mais heureusement la route est large et dans un état décent. Arrivé sur Huajuapan, en sortie, le terrible col "Cerro del Mono", long d'environ 40 km, m'attend... Avec cette nouvelle ascension, les ruisseaux, les arbres, les avocatiers et la verdure refont leur apparition. Les pêcheurs se promènent, les bûcherons redescendent de la montagne avec leurs ânes chargés...Qu'il fait bon dans ces montagnes!
En revanche, la distance entre les villages peuplant ces montagnes s'est considérablement accrue: je me laissai surprendre et me vis contraint à rationner mes denrées. Aussi, arrivé aux alentours de Asuncíon Nochixtlan, une halte au mercado municipal s'impose afin de pouvoir continuer sereinement ma route sans devoir me priver. Oaxaca est encore distante de 130 km et ici on ne peut se fier aux informations des habitants; personne n'ayant vraiment une idée précise de la distance séparant les différents villages peuplant le secteur. En effet, l'habitude un peu bizarre (pour nous autres européens) consistant au Mexique à mesurer la distance en heure de voiture; les informations récoltées par ce biais sont souvent inexactes. Au soir du Jeudi 25, j'établis mon campement aux abords de la 190 dans un champs, protégé des regards indiscrets par une rangée d'arbres touffus complétés par de denses buissons qui me rendent quasiment invisible...sauf  pour un voyageur à vitesse humaine! En effet, quelle ne fut pas ma surprise quand soudainement, alors que j'étais encore en train de m'installer, une voix commença à s'élever parmi les buissons...
Jorge Luis est un jeune migrant se rendant aux États-unis à pied. Il a réussi à franchir l'isthme où les agents de l'immigration et la police fédérale sont absolument partout et leur font la chasse, mais cela lui coûta une fracture au nez.  C'était il y a deux semaines... ils étaient un petit groupe voyageant ensemble pour plus de sécurité, mais il durent se séparer quand des policiers vicieux leur tombèrent dessus en pleine nuit, rampant en silence afin de mieux les surprendre et de leur infliger une correction.. sans aucune explication ni sommation... Il ne possède rien pour ainsi dire, toutes ses affaires ne parvenant même pas à remplir le petit sac en plastique qu'il promène avec lui. Il vient de travailler quelques heures dans le maguey afin de gagner 80 pesos lui permettant de continuer son chemin. Son histoire me touche et pensant au château dans lequel je me réfugie chaque soir pour dormir, à tout mon équipement ainsi qu'au ravitaillement que je viens d'effectuer, je me dis alors que je ne peux rester sans rien faire. Je l'invitai donc à me tenir compagnie et à partager un bon et copieux repas. Je lui expliquai également ce qui l'attendait, faisant route vers Huajuapan, une traversée difficile l'attend. Il repartira avant la tombée de la nuit, avec la moitié de mes vivres et je l'espère un bon moral pour affronter les épreuves qui l'attendent par la suite. Des personnes comme lui, prête à prendre d'incalculables risques dans l'espoir d'une vie meilleure, j'en ai croisé d'autres. J'en ai aussi connu qui sont revenus, déportés. Cette dernière catégorie m'a tout expliqué du système bien rôdé pour passer en douce la frontière. Il existe des voies secrètes, des tunnels même, qui passent sous la frontière et qui mènent dans le désert. C'est une longue, éprouvante et périlleuse traversée coûtant 7500 US$ pour les mexicains, plus pour les autres pays d'Amérique latine durant laquelle "les coyotes" les guident et partent en éclaireur afin de prévenir d'éventuels risques. Quasiment tous les migrants qui réussissent la traversée sont destinés à travailler dans le bâtiment. Tout comme en France d'ailleurs, où j'avais un jour écouté une émission sur RFI parlant des sans papiers maghrébins travaillant pour bouygues... Que le monde est injuste et cruel parfois...Un travail pénible sans reconnaissance, la clandestinité, le racisme, la peur de se faire prendre chaque fois que l'on croise une patrouille de police alors que la grande majorité n'aspirent qu'à une vie paisible et un peu plus confortable et ne demandent qu'à travailler en paix afin d'envoyer de l'argent à leur famille respective restée au pays, voilà le lot quotidien de ces migrants et le sort qui attend Jorge Luis s'il parvient à arriver à destination...sans trop de soucis je l'espère pour lui.


Oaxaca, autrefois appelé Guajaca qui provient lui-même de l'arbre guaje, omniprésent dans les environs, est la capitale d'état. Cette ville de 4 millions d'habitants vit essentiellement du tourisme. Elle est située dans ce que l'on appelle la vallée centrale: la Sierra Madre del Sur et la Sierra Madre Oriental se rejoignant ici et ses montagnes à plus de 2000 mètres entourant la ville telle une muraille naturelle la rendent très difficile d'accès, ce qui a sans doute contribué à son retard économique. De nouvelles routes sont toujours en projets afin de désenclaver la vallée mais les travaux n'avancent pas et cela fait des années que ça dure.
Jorge et son épouse Mónica attendent ma venue et ont été prévenus de mon passage dans les environs par Luis, mon beau-frère. Jorge est le cousin de Luis. Équipementier sportif, il travaille uniquement avec des clients situés dans la vallée et ne compte pas les heures, isolement géographique oblige. Sa femme Mónica est chimiste et travaille à l'hôpital civil, où les problèmes sont nombreux en cette période de campagne présidentielle. En effet, voilà un mois qu'elle et ses collègues n'ont pas été payés, des coupes budgétaires ayant été réalisées afin de financer la campagne électorale d'un candidat...qui accepta sans aucun scrupule cet argent public, un comble qui conduisit et c'est bien compréhensible à une grève! Je passerai une semaine à découvrir cette vallée enchanteresse, riche de traditions en leur compagnie. Artisanat textile, ruines zapotecas, art de l'alegibres, monastères des Santo Domingo, cascades pétrifiés de Hierve el agua, arbre millénaire de Mitla, ce ne sont pas les visites qui manquent dans la région. Mais plus encore que les vieilles pierres ou le mode de vie traditionnel des habitants de la région, j'ai ici trouvé en la personne de Mónica la soeur que je n'ai jamais eue. Et ce sentiment est réciproque, Móni n'ayant qu'une soeur. La complicité entre nous est telle que quand l'un commence une phrase, l'autre est capable de la terminer, et puis...nous sommes nés le même jour! Nous partageons également les mêmes centres d'intérêts, avec une passion pour la thanatologie et la spiritualité qui alimentera nombres de nos passionnantes discussions.
Jorge, qui était autrefois représentant a énormément sillonné les routes de Oaxaca et de l'état voisin de Chiapas qu'il connaît parfaitement et se révélera une inépuisable source d'informations concernant mon itinéraire à suivre.
Je repris mon chemin au matin du 5 février après 10 jours passés en cette agréable compagnie. Au moment du départ, Jorge me glisse un billet dans la poche et Móni m'a préparé des provisions comprenant entres autres les précieux lingots d'or de Oaxaca, son chocolat crémeux à souhait et au goût inimitable qui me sera d'un grand réconfort sur la route. Bien sûr, pour sortir de Oaxaca, il faut en premier lieu monter pour s'extraire de la vallée, après quoi la 190 descend au niveau de la mer et se dirige vers l'isthme de Tehuantepec. Une mince bande de terre de 200 km seulement y sépare les océans Atlantique et Pacifique. Jorge m'avait prévenu:
"Une fois arrivé sur Juchitán, il y a la Ventosa à passer. C'est un énorme parc d'éoliennes qui s'étend sur une zone de 50 km. Il faut que tu y fasses attention parce que les vents peuvent y souffler très forts, atteignant plus de 100km/h si tu n'as pas de chance. En plus, c'est à cette période de l'année que les vents sont les plus violents..."
Au 7 février aux alentours de la mi-journée, j'ai déjà parcouru les 180 km séparant Oaxaca de Juchitán et arrive en vue de la Ventosa. Malgré 90 km dans les jambes depuis la matinée, les sensations sont bonnes et si les vents sont cléments et se révèlent propice à une traversée immédiate, c'est décidé, je ne vais pas me faire prier. À la première patrouille de police croisée, je me renseigne donc et apprend que la traversée est envisageable, alors je m'engage. La Ventosa n'est qu'une succession de longues lignes droites monotones: en 50 kilomètres, il n'y a que 3 ou 4 virages tout au plus. Quelques heures plus tard, au niveau de la toute dernière éolienne, une patrouille de police est présente au beau milieu de la route, sous un chapiteau, pesant les camions et leur octroyant ou non le droit de passage afin de ne pas risquer qu'ils se retournent pendant la traversée. Après 140 kilomètres parcouru pour aujourd'hui, il n'est pas question de faire ne serait-ce qu'un kilomètre supplémentaire et je repère au bord de la route une maison qui m'a tout l'air d'être abandonnée avec un bon avant toit. L'orientation de cette dernière est idéale et me protégera en cas de rafale de vent, ce qui en fait un campement tout à fait approprié.
L'isthme de Tehuantepec est également le point géographique délimitant la séparation entre l'Amérique du nord et centrale. Une fois passé, il conduit vers l'état de Chiapas, dernier état mexicain avant d'entrer au Guatemala. Mais, me trouvant au niveau de la mer au sortir de l'isthme, il est nécessaire avant d'entrer à Chiapas de tout remonter encore une fois au sortir de cette plaine balayée par les vents. 30 kilomètres d'ascension sont nécessaires avant de franchir la limite séparant l'état de Oaxaca avec ce dernier. Pendant l'ascension, les vents sont violents par endroit et il faut jouer des coudes afin de dompter ma monture et la maintenir droite. La route n'est pas dans un très bon état et est constamment en travaux, notamment à cause des fréquents glissements de terrain. Il faut donc être très prudent entre les trous, le vent et le trafic si je veux éviter un accident ou une chute. Lorsque le sommet pointe le bout de son nez, la vue vers de majestueuses montagnes est somptueuse et mérite amplement les souffrances endurées pendant cette éprouvante ascension, un instant magique!


Le petit village de Rizo de Oro est situé au sommet de cette première ascension. Une fois ce paisible endroit passé et le plein de nourriture et d'eau effectué, une légère descente se profile à l'horizon, menant vers un parcours qui s'annonce vallonné. Le long de la route, de magnifiques et anciennes haciendas ornent le paysage, alternant avec les nombreuses cultures de maïs.
Au 13 février, à la mi-journée, j'arrive en vue de San Cristobal de las Casas après avoir suivi la panaméricaine, passant par Tuxtla Gutierrez entre autres. 4 jours et autant d'ascensions ponctuèrent mon parcours. Le climat y est frais et c'est une fine pluie qui m'accueille. Cette ville coloniale, ancienne capitale d'état ayant perdu son statut au profit de Tuxtla il y a un peu plus de cent ans, est perchée à environ 2200 mètres d'altitude. Entourée par de nombreuses forêts de pins et de petits villages de bûcherons pittoresques où les femmes se promènent encore vêtue de l'habit indigo traditionnel avec leurs fagots de bois dans le dos et on comprend aussitôt que la vie est rude dans les environs. Ajoutez à ces villages, les communautés zapatistes qui peuplent également ces montagnes et vous aurez alors un aperçu des environs.



J'ai ici rendez-vous avec Louis, mon ami québécois avec lequel, en compagnie de son frère Marc, nous avions cueilli les cerises dans la vallée d'Okanagan en 2011. De ce court séjour à camper et travailler ensemble est né une grande amitié et nous sommes toujours restés en contact. Aussi, apprenant qu'il se rendait au Guatemala avant de rempiler pour une nouvelle saison de cueillette, nous nous sommes arrangés pour nous revoir. Il est venu accompagné d'Alix, sa petite amie et en leur compagnie, nous allons passer 3 jours à sillonner la ville. Refusant que je sorte le porte-monnaie, ils tiennent à ce que je me repose pour la route à venir: me logeant, me nourrissant, je vais donc pouvoir grâce à eux récupérer des forces. Louis est également venu avec une grande nouvelle, puisque attiré par mon mode de vie, ils désirent lui et son frère faire l'expérience du voyage à vélo et aimeraient apprendre les "ficelles du métier" en ma compagnie. Le rendez-vous est donc pris après la récolte de cette année pour faire un petit bout de route ensemble, mais à vélo cette fois-ci.


Environ 200 kilomètres séparent San Cristobal du petit poste frontière de Carmen Xhan, situé en périphérie du parc national de Lagos de Montebello. Le parcours est vallonnée et je ne perds pas trop d'altitude à m'y rendre. Le temps est maussade. Les bananiers et les plantations de café dominent le paysage. Au Jeudi 22 février, après 6 ans et demi à avoir vécu au Mexique, ce pays qui m'a tant donné, je passe donc au Guatemala avec un petit pincement au coeur tout de même...
L'Amérique centrale est une succession de petits pays. Composée du Guatemala, du Belize, du Salvador, du Honduras, du Nicaragua du Costa Rica et du Panama, la superficie additionnée de ces 7 pays atteint à peine 520.000 km2, soit moins que la France métropole. Pour vous donner une idée, il me faudra un mois et demi pour me retrouver du Guatemala à la ville de Panama. Un mois et demi durant lequel je vais traverser 5 de ces pays. Pour ne rien arranger, chaque pays utilise sa propre monnaie et c'est assez déstabilisant d'en changer chaque semaine. Au bout d'un moment, on se perd devant tant de conversions et il devient difficile de savoir  ce qui est cher ou pas.
Pour ma route au Guatemala, je décide de m'éloigner un peu de la panaméricaine et d'emprunter la route des volcans vers le sud afin de ne pas me retrouver au Honduras trop rapidement. Je traverse presque exclusivement des plantations de café et de bananes en chemin et en ce moment c'est la pleine récolte. Pour ma première nuit à camper au Guatemala, je dépasse la ville de Camojá et établi mon campement derrière une plantation. Edgar, cultivateur de café, me fait ainsi visiter ses terres et m'explique ce qu'il y a à savoir sur son métier. Le café ne donne qu'une seule récolte par an. Une fois récolté et séché, le sac de 50 kilos se vend ici au prix de 700 quetzales, soit 80 euros environs. En une année, Edgar parvient à produire environ 7 tonnes, ce qui représente une fois vendu pas loin de 11.500 euros. Cependant, une fois déduit tous les frais engendrés par sa production, il ne lui reste pour vivre à l'année que la moitié de cette somme. Pour bien vivre, comme beaucoup de cultivateurs, il se garde quelques hectares de terre afin d'y cultiver du maïs et des haricots qui eux donnent 2 récoltes par an. Je profite également toujours de ces discussions qui ponctuent mes journées pour récolter de précieuses informations sur la route à suivre, récupérant notamment des informations sur le dénivelé, la météo, et le fameux "temps de voiture" nécessaire pour rejoindre le prochain village qui en les recoupant, me permettent d'anticiper d'éventuels problèmes. Evidemment, quand on est pas sur le vélo, il est toujours plus difficile de se rendre compte de la topographie du terrain mais, cela donne au moins une  légère idée du programme.

Le Guatemala est un pays très montagneux et la route au sortir de Camojá (la CA1) serpente entre deux montagnes. Au milieu coule le Rio Seleguá. De temps à autres, quelques ponts me font passer d'une rive à l'autre. Arrivé sur Huehuetenango, je quitte la CA1 pour faire route plein sud et me diriger dans les montagnes à Quetzaltenango, la deuxième ville du pays. Pour s'y rendre, deux jours d'ascension (représentant une très longue montée avoisinant les 120 kilomètres) sont nécessaires. Petit à petit, les bananiers disparaissent et laissent place aux forêts de pins et à la fraîcheur. Pendant cette nouvelle ascension, dans l'après-midi du deuxième jour, une voiture me passe et ajuste sa vitesse à la mienne... la vitre se baisse... et c'est alors que la conductrice me tend une belle pomme, littéralement tombée du ciel pourrait-on dire! Quelques kilomètres plus tard, je retrouve la même conductrice qui s'était arrêtée dans un village sans doute, revenir encore... mais cette fois avec un imposant sac plastique plein de provision et de fruits! Je la remercie  du fond du coeur pour cette délicate attention et ne saurai jamais son nom, mais c'est grâce à cette ange gardienne qui m'a remonté le moral à 200% par son geste  que je continue ma route sereinement en oubliant même ce qu'est la fatigue! C'est toujours comme cela: plus la route est dure et éprouvante, plus le ciel vous envoie de l'aide!


Quetzaltenango est perchée à environ 2400 mètres d'altitude. Louis m'avait dit qu'il y faisait froid. 30 kilomètres avant d'y arriver, j'entame cependant une longue descente et perd pas mal d'altitude. La descente se révèle assez technique, les routes en très mauvais état contiennent de nombreux trous, et par-ci par-là, la route se transforme même en piste pour quelques centaines de mètres seulement. Impossible donc de lâcher les freins ou de gagner trop de vitesse, les risques de chutes seraient alors trop élevés. Je ne ferai que traverser Quetzaltenango, afin de continuer ma route plein sud et me retrouver non loin de la côte pacifique. Après un dernier col à franchir, je passe de l'autre côté de la montagne et entame cette fois une longue descente qui va donc me faire passer au niveau de la mer.
J'arrive dans la plaine au 26 février. Pendant la descente, 3 motards m'invitent à les rejoindre à une table pour discuter un peu. Nehemias, Tito et Abdias sont les fils d'un boulanger pasteur. Ils habitent Mazatenango, situé non loin de là. Ils sont venus ici en quête de matériaux afin de construire un nouveau four à bois. Leur racontant mon histoire pour satisfaire leur curiosité, ils ne tardèrent pas à m'inviter à passer les voir à la boulangerie familiale. Ils doivent encore effectuer quelques commissions avant de rentrer, mais ils m'établirent tout de même un plan afin que je trouve facilement l'endroit en question, après quoi nous nous séparâmes... Avec le retour à une altitude proche de 0, les plantations de cannes à sucre refont leur apparition ainsi que les usines de raffinerie et la forte odeur de la mélasse qui emplit les narines. Les moustiques également sont de retour, de pair avec une chaleur humide intenable qui accentue la fatigue. Arrivé à proximité de la boulangerie, le son de motos retenti derrière moi: ce sont les 3 frères qui arrivent à point nommé pour me guider dans ce dédale de petites ruelles. Une fois le palier de la porte extérieure passé, je découvre dans quelle pauvreté vit cette famille nombreuse. Ils habitent à douze sous le même toit, réparti dans 2 chambres seulement. Pas de gaz, cela coûte trop cher, alors on utilise le bois pour cuisiner et pour chauffer l'eau. Une paire de vieux matelas empilée sert de canapé sous l'avant toit de la maison. Après m'avoir installé sur ce dernier, l'on m'apporte à manger et nous continuons notre conversation au cours de laquelle je reçois une charitable invitation à passer la nuit ici.

Le lendemain matin, après m'avoir préparé quelques provisions pour la route, Tito et Abdias m'accompagnent jusqu'à l'intersection avec la panaméricaine bis, que je vais suivre sur une soixantaine de kilomètres environs. Une fois arrivé à hauteur de Cocales sur la CA2, je décide de me diriger vers le lac d'Atitlan, refaisant route plein nord afin de rejoindre la CA1 que j'avais délaissée à Huehuetenango quelques jours auparavant. Retour dans la haute montagne sur cette nouvelle route avec deux grandes ascensions aux pentes si raides que je serai contraint de pousser le vélo durant une bonne partie de la deuxième. Le lac d'Atitlan est un endroit absolument magnifique. Entouré par 3 volcans dont les sommets oscillent entre les 3000 et 3500 mètres d'altitude, les volutes de fumée qui s'en dégagent ainsi que les nuages et le bleu profond de l'eau forment une composition absolument magistrale. Je passerai deux journées à faire le tour de ce lac avant de rejoindre la panaméricaine où je retrouve les pins et la fraîcheur.
Au samedi 3 mars je contourne la capitale afin de me rendre vers la frontière avec le Honduras aux alentours de Chiquimula, que j'atteins 2 jours plus tard. Le mardi 6 à la mi-journée, je passe la frontière et entame mes premiers tours de roues au Honduras...



le lendemain matin, je me dirige vers Santa Rosa de Copan, terre de café d'excellence. En chemin, je croise une équipe de cyclistes qui m'ont tout l'air de professionnels, avec vélo de rechange et véhicule sponsorisé qui les suit. Je les salue tout naturellement d'un signe de la main et continue ma route et eux la leur... Plus tard, en milieu d'après-midi, le véhicule de l'équipe me passe et se range un peu plus loin sur le bas côté. Rapidement, le coffre s'ouvre ainsi que la glacière et encore une fois tombe du ciel des denrées rares comme des poires et de la pâte de fruit ainsi que des boissons énergétiques bien fraîches. Le directeur sportif, Jose Rivas a toujours rêvé de venir en aide à un cyclovoyageur ne tarde t-il pas à me confier. Avec ma bonne étoile, il a fallu que ça tombe sur moi et je lui en suis très reconnaissant! Il ne me manquait qu'une petite quinzaine de kilomètres pour arriver sur Santa Rosa mais Jose, qui habite là-bas me propose de monter dans la camionnette pour boire un petit café chez lui, encore une proposition qui ne se refuse pas!
Je resterai finalement 12 jours en la compagnie de Jose et de son jeune cousin Kevin, pinchililo et chiquililo, les membres de l'équipe vivant sur Santa Rosa. En leur compagnie, je découvrirai cette magnifique région les accompagnant pendant leur entraînement quotidien qui sonne comme des vacances à mes yeux: Petites sorties de 40 kilomètres menant à des eaux thermales où nous irons pas moins de 5 fois, grandes sorties de 100 kilomètres mais ponctuée de nombreuses pauses afin de boire un petit café ou de prendre une petite collation, finalement ça ne me change pas trop de ma routine, sauf qu'en leur compagnie c'est tout confort puisqu'il y a le véhicule avec chauffeur qui nous suit...ainsi que la glacière dans le coffre. Une fois rentré en milieu d'après-midi, Lidia la cuisinière et cousine de Jose nous sert directement un bon repas. Tel un chameau, je vais profiter de cette abondance de bonne nourriture de qualité pour me constituer des réserves et des thermes pour me recharger les batteries.
Le 19 mars, au petit matin, l'équipe se rend une nouvelle fois aux thermes. Je les accompagne mais cette fois avec mon vélo chargé car je les laisserai à Gracias afin de continuer ma route qui file tout droit vers le Nicaragua, ma prochaine destination. Pas de surprise pour l'étape d'aujourd'hui puisqu'en compagnie de l'équipe, nous nous sommes déjà rendus jusque La Esperanza, située 80 kilomètres après Gracias. Je connais donc la route et les meilleurs coins où me restaurer.

4 jours plus tard j'atteins la frontière avec le Nicaragua après avoir franchi un dernier col. Derrière, c'est le plat pays et après autant de kilomètres dans les jambes et de montagnes, franchir le Nicaragua se fera en seulement 3 jours, passé entièrement sur le gros plateau. L'inconvénient majeur ici, c'est l'étroitesse de la panaméricaine qui invite à la vigilance. Il y a également beaucoup de vent, notamment à mesure que je me rapproche de la frontière avec le Costa Rica, où je retrouve un nouveau parc d'éoliennes.


Le mardi 27 mars je fais mon entrée au Costa Rica et retrouve un peu de montagne. En cette période de vacances de Pâques, les routes sont très fréquentées et la chaleur étouffante. Heureusement, les rivières sont nombreuses et les occasions de s'y baigner sont un régal pour le corps. Ce qui tranche, c'est le contraste flagrant de niveau de vie entre le Nicaragua, pays le plus pauvre d'Amérique centrale et celui du Costa Rica où il y a de belles maisons avec un gazon fraîchement tondu devant chaque propriété. Le nombre de parcs nationaux est impressionnant et couvrent une large partie du pays. En raison de la chaleur, je me décide une nouvelle fois à quitter la panaméricaine qui passe par San Jose et ses montagnes pour privilégier la route côtière refaite à neuf et ainsi profiter de ses nombreuses plages.
3 jours plus tard, j'atteins la ville de David, poste frontière avec le Panama. Parmi tous les pays d'Amérique centrale, le Panama est un pays que je n'ai pas beaucoup apprécié, et cela pour plusieurs raisons. La première, c'est que la panaméricaine n'est ici qu'une 4 voies sans grand intérêt. La deuxième c'est l'attitude nonchalante des panaméens qui tranche radicalement avec tous les autres pays d'Amérique latine. Pour engager une conversation, mieux vaut s'armer de patience car les habitants se contentent généralement de couper court. Il m'a même été très difficile de collecter de simples informations quotidiennes, les gens se contentant généralement d'un simple "je ne sais pas."
Qui plus est, le pays est envahi par les chinois, qui possèdent absolument tous les commerces. Sur la façade de certains d'entre eux, on ne se donne même plus la peine d'y utiliser l'alphabet latin et l'on se contente d'y écrire en chinois... Quand je trouve enfin une personne conviviale avec qui parler, il se révéla souvent être soit de Colombie soit du Venezuela. Sortir de la panaméricaine était sans doute plus intéressant mais la carte que j'ai récupérée fait mention de routes secondaires non asphaltées, et je dois bien avouer que cela m'a rendu un peu paresseux.
Depuis que j'ai quitté Guadalajara, je mène mon enquête et ai demandé à absolument tous les cyclotouristes croisés en sens inverse comment ils s'y étaient pris pour passer le bouchon de Darien. En effet, la panaméricaine s'arrête nette à environ 200 kilomètres de la frontière avec la Colombie et bien qu'il soit toujours possible de tenter la traversée via une autorisation spéciale, le secteur reste très dangereux entre une faune et une flore hostile et les guérilleros et les narcotrafiquants qui peuplent cette jungle.
Éliminant d'emblée cette solution, trois options se présentent à moi: La première, c'est le transit par avion. Au Costa Rica, je suis tombé par chance sur un hongrois et un équatorien ayant choisi cette option. Nom de la compagnie, prix, j'avais tout noté et cela correspondait avec ce que m'avait dit un brésilien rencontré au Honduras auparavant. C'est l'option la plus facile et elle reste assez économique (200 US$ vélo et équipement inclus) malgré la difficulté d'organiser un vol avec autant de matériel. La deuxième option, plus aventureuse, m'a été expliquée dans les moindres détails par un colombien rencontré au Panama ainsi que par un français rencontré au Mexique. Elle consiste à se rendre sur la côte caraïbe jusqu'à Carti via des pistes et de là prendre successivement 3 petites embarcations à moteurs qui longent la côte. La première débarque les passagers à Navagandi, la deuxième débarque à Puerto Obaldia d'où se réalisent les formalités de sortie du territoire panaméen et la troisième débarque à Turbo où se réalisent les formalités d'entrée sur le territoire colombien. Cette solution revient à 110 ou 200 US$ maximum selon vos capacités à négocier. Cependant, dans les deux récits que j'ai écoutés, les deux cyclos avaient trouvé des compagnons de fortune avec qui partager les frais et ils veillaient également l'un sur l'autre. Harold le colombien m'a par exemple conté les mésaventures d'un américain ayant voulu tenter le coup tout seul et alors qu'il avait installé son campement sur les rives pour attendre la première embarcation, le lendemain, il n'y avait que sa tente et son vélo et lui avait disparu... Tenter cette traversée, c'est également confier sa vie au pilote de la barque car la mer est très houleuse en cet endroit et mieux vaut être patient et bien choisir avec qui monter. Le problème étant qu'une seule embarcation passe par jour, il faut savoir prendre le temps de discuter et savoir dire non, sans quoi c'est un peu jouer sa vie au poker. Harold, encore une fois a par exemple refuser de monter dans la première embarcation car lui et son compagnon argentin ne le sentaient pas. Ils ont pris la deuxième et pendant la traversée se sont retrouvés nez à nez avec les linceuls des passagers ayant accepté de monter plus tôt... Ajoutez à cela le risque élevé de casse sur le matériel et le fait que moi je sois tout seul: ce fut suffisant pour écarter définitivement cette solution. La troisième option, enfin, consiste à se rendre à Colón d'où partent les voiliers. Mais cette option est la plus chère de toute, comptez 400 à 500 US$, le commerce du passage du bouchon ayant fait monter les prix puisque tout le monde cherche une voie de passage, je ne pense pas qu'il eut été possible de trouver un capitaine acceptant de baisser autant son tarif. La décision fut donc assez facile à trancher au vu des circonstances et ce fut l'avion qui obtint ma préférence.

J'achetai mon billet avec pour destination Medellin, la "ville de l'éternel printemps", comme la surnomme les colombiens. Le vol est prévu pour le 11 avril, ce qui me laisse 3 jours pour organiser le conditionnement du vélo et de mon équipement. Le vol est prévu avec une arrivée aux alentours de 16h30, un horaire avec lequel je vais devoir composer. Je planifie ainsi de passer la nuit à l'aéroport pour remonter mon vélo tranquillement et traverser la ville le lendemain. Mais là encore, c'était sans compter sur ma bonne étoile puisque le jour du vol, avant d'embarquer, je me retrouve dans la salle d'attente assis à côté de Guillermo Garcia, 70 ans. Nous nous étions croisés un peu plus tôt lors de l'enregistrement des bagages et sans doute intriguer par mes gros cartons, c'est tout naturellement qu'il me rejoignit pour converser en attendant que l'avion atterrisse. Guillermo a habité 30 ans aux États-unis en Floride où vivent ses enfants. Il est parti à l'aventure de sa Colombie natale quand il avait une vingtaine d'année à pied, et a connu, comme tout voyageur, nombre de mésaventures durant son voyage qui lui a pris plus d'une année. Au début de la conversation, lorsque je lui explique mon intention de passer la nuit à l'aéroport, il commença par me proposer de dormir dans un terrain à lui sur lequel il est en train de bâtir. La construction est déjà suffisamment avancée pour qu'au moins j'ai un toit pour cette nuit. Mais au fur et à mesure que la conversation évolue et que nous nous racontons nos histoires respectives, il me fit une nouvelle proposition de m'héberger plutôt chez lui, non loin du centre ville, afin que je dispose de plus de confort et de calme pour remonter mon vélo.
C'est ainsi que nous arrivâmes ensemble à Medellin et connaissant la ville, il organisa le transport dans un bus puis dans un taxi jusqu'à sa demeure tout en refusant que je partage les frais avec lui. Comme il me le dit: "Je sais très bien comment tu vis, alors laisse-moi t'aider, ça me fait plaisir!"
Je passerai finalement une semaine en sa compagnie. Grâce à lui, je vais visiter la ville et ses environs comme El Peñol, Guatapa et faire connaissance avec Ephraim son frère aîné peintre et sculpteur.



Le 17 avril, je laisse Guillermo à ses travaux et m'engage sur la route 60 (le nom de la panaméricaine ici) qui fait direction plein sud. Aussitôt sorti de la ville que je retrouve une simple 2 voies, paisible, passant par de nombreux villages. La route est en très bon état et les camions, bus et autres véhicules ont l'habitude des cyclistes, très nombreux en Colombie.
Guillermo, qui a beaucoup voyagé, connaît très bien son pays et m'a déjà tout expliqué des épreuves qui m'attendent. Medellin se situe à une altitude avoisinant les 1500 mètres. Elle est située dans une vallée qui se situe entre la cordillère Orientale et la cordillère Centrale. À mesure que la panaméricaine descend vers le sud, les 2 cordillères se rejoignent petit à petit. Durant les deux premières journées je vais ainsi passer quelques cols pas très difficiles bien qu'assez long où dominent les plantations de café. Puis, une fois passé ces montagnes, j'arrive sur la vallée du Cauca, longue d'environ 240 kilomètres et retrouve encore une fois les plantations de canne à sucre. Auparavant, dans cette vallée, on y cultivait aussi du riz, du soja et du maïs mais la corruption et les expropriations ont eu raison des derniers résistants et la qualité de vie a ainsi baissé, malgré la volonté des habitants qui y déclarent tous que l'on y vivait mieux auparavant...une triste réalité.
À la fin de cette vallée, les deux cordillères se rejoignent et commence ainsi la haute montagne. Plus à l'est, la cordillère Occidentale se dirige elle aussi vers les autres jusqu'à n'en former plus qu'une seule au Nudo de Los Pastos, qui délimite la frontière naturelle entre la Colombie et l'Équateur à 3000 mètres d'altitude environ. Pendant ma traversée, la pluie est beaucoup tombée et je me vois contraint d'avancer au rythme des éclaircies. Généralement, le temps est assez clément dans la matinée et se gâte dans l'après-midi ou en soirée. Par endroit, il n'y a pas grand chose pour se protéger de la pluie et il m'est arrivé de devoir monter la tente rapidement à la mi-journée afin de pouvoir m'alimenter au sec et attendre que l'averse passe.


Malgré la mauvaise réputation du pays, les colombiens se sont montrés très accueillants et chaleureux, j'ai même reçu quelques invitations à partager un repas, et par temps de pluie, je n'ai jamais payé un café. Le 27 avril, au matin je me retrouve au pont de Rumichaca servant de frontière avec l'Équateur. Lors des ultimes kilomètres d'ascension, de nombreux bus me doublent malgré l'heure matinale. Pas de doute, il va y avoir du monde au poste. Une fois sur place, c'est une foule de vénézuéliens qui se retrouvent devant moi à faire la queue. Ils sont au moins 200 je pense, et d'après les commerçants, c'est comme ça depuis un an ici. Dans la file, je sympathise avec un petit groupe parti ensemble de Caracas il y a 3 jours. Ils ont mis 5 mois à obtenir leurs passeports. Et comme le bolivar ne vaut plus rien, il est impossible de s'en procurer un sans une aide extérieure. C'est ainsi qu'ils quittent le pays, tous, petit à petit. Ceux qui ont déjà réussi à s'installer à l'étranger envoient de l'argent à leur famille, qui a leur tour feront de même avec les autres. Au Panama, on leur a mis des bâtons dans les roues puisqu'un visa leur est désormais nécessaire pour y entrer d'après ce qu'on m'a dit. On les accuse de voler le travail des locaux, acceptant de le faire pour moins cher que les autres. Ils ne leur restent donc plus que le sud vers lequel se tourner, et tous transitent par la Colombie désormais. Ceux qui n'y restent pas vont généralement se séparer vers le Pérou, la Bolivie ou l'Équateur et attendre que le régime de Maduro s'effondre, ils l'espèrent. Car tous m'ont dit à quel point le Venezuela serait le paradis sur terre s'il pouvait simplement y vivre en paix. Mais en attendant, il n'y a plus de nourriture dans les étalages et les pharmacies et hôpitaux n'ont plus de médicaments. Comme ils me l'ont dit, si tu tombes malade et que tu n'as pas un membre de famille à l'étranger pour t'envoyer de l'argent afin de te faire soigner, c'est la mort assurée...
Cinq heures seront nécessaires au passage de la frontière. Le 29 au soir, j'arrive sur Quito après 3 étapes montagneuses et pluvieuses. Pas de doute, la cordillère des Andes est bien là, et la traversée s'annonce difficile mais les jambes sont bonnes et l'envie d'avancer malgré les nombreuses difficultés qui m'attendent encore reste intacte.


Quelques chiffres :
- À ce jour j'ai parcouru au total 4138 km au Mexique en 98 jours et 54 étapes, soit une moyenne de 76,6 km par étape.
- J'ai également parcouru 915 km au Guatemala en 13 jours et 12 étapes, soit une moyenne de 76,3 km par étape.
- J'ai également parcouru 1256 km au Honduras en 17,5 jours et 14,5 étapes, soit une moyenne de 86,6 km par étape.
- J'ai également parcouru 390 km au Nicaragua en 2,5  jours et 2,5 étapes, soit une moyenne de 156 km par étape.
- J'ai également parcouru 540 km au Costa Rica en 6 jours et 5 étapes, soit une moyenne de 108 km par étape.
- J'ai également parcouru 525 km au Panama en 11 jours et 5 étapes, soit une moyenne de 105 km par étape.
- J'ai également parcouru 890 km en Colombie en 15 jours et 9 étapes, soit une moyenne de 99 km par étape.
- J'ai également parcouru 266 km en Equateur en 3 jours et 3 étapes, soit une moyenne de 88,7 km par étape
- Le compteur total s'élève à environ 44.838 km, en 862 jours et 522 étapes, soit une moyenne de 85,9 km par étape.
- 190 cols franchis au total.
- 7105 euros dépensés à ce jour, soit une moyenne d'environ 8,24 euros par jour.