vendredi 4 décembre 2009

La remontée vers le Nord: via la costa Adriatica


Mardi 24 Novembre. Il est environ 9 heures et je fais mes adieux à la famiglia Cosenza mais je ne quitterai pas Palma dans l'immédiat, statut de "mini star"oblige: honneur de la presse locale, signature d'autographes (3 en tout) et séances photos avec la communauté du Bengladesh (une bonne dizaine d'entre eux viendront me rendre une petite visite de courtoisie lors de la rédaction du précédent article et rare sont ceux qui ne sont pas reparti sans me demander une photo en leur compagnie)... Je suis resté en tout 4 jours ici mais je ne peux partir sans passer dire au revoir à cette communauté qui a toute ma sympathie ainsi qu'à l'Amiçi Paolo (un bon ami de Santolo)!!

Les 2 jours et demi suivant, je rejoindrai la côte Adriatique via la route que Santolo m'avait conseillé et une fois encore je dois le remerçier car cette route non seulement était très facile mais surtout très jolie!!! et 230 kilomètres durant je serai enchanté par le nombre de "petits pays" traversés (comme disent pas mal d'italiens parlant le français) tous plus pittoresques les uns que les autres.




Le 26 Novembre en début d'après-midi j'atteins la côte Adriatique. Et je dois dire que celle-ci m'a tout de suite plu: bien que restant assez touristique, elle est beaucoup plus calme que son homologue méditerranéenne, fini les hôtels qui accaparent les meilleurs coins !! ici c'est le royaume des pêcheurs et des plages libres d'accès. Et les avantages ne s'arrêtent pas là !!! Un des défauts que j'ai trouvé en Italie c'est au sujet des panneaux indicateurs qui m'ont joué plus d'une fois de mauvais tours (par exemple une ville est bien indiquée puis d'un coup plus rien, ou alors elle est indiquée via une autre route à une distance plus élevée qu'avant!!!! c'est assez perturbant et je demanderai souvent mon chemin plusieurs fois par jour durant la quasi totalité de mon séjour). Au moins ici pas de problèmes de ce genre c'est tout droit pendant 300 kilomètres !! Qui plus est, pas trop de galleria (tunnels) traversés (ce qui est très appréciable car j'en ai au moins franchis une trentaine!!) et enfin trouver un coin pour camper est chose plus aisée.


Jeudi 3 Décembre. Je suis de retour a Reggio emilia chez mon ami Gabriel. Je l'avais appelé la veille pour le prévenir de mon arrivée en lui disant que je le recontacterais le lendemain lors de mon arrivé car je n'ai pas de plan de la ville. Il est environ 14h30 quand j'atteins le centre ville et le marché de Noel est déployé. Avec mon vélo je ne passe pas inaperçu et ne tarde pas a me faire accoster.

Je fais la connaissance de "Manu le pêcheur" qui tiens un stand sur le marché. Manu est fort sympathique et en plus, il parle bien le français. Il projette de se rendre au Costa Rica dès le mois de Janvier pour la pêche bien sûr!!!! Après avoir gardé sa boutique une petite heure (au passage, je n'ai rien vendu) je lui explique que je suis attendu chez un ami et hop! un coup de baguette magique et manu sort son ordinateur portable! Magnifique je vais pouvoir me rendre chez Gabriel tout seul comme un grand! Quelques instant plus tard, alors que je fais route vers chez Gabriel, une voiture arrive à ma hauteur, adapte sa vitesse à la mienne, la vitre se baisse : "Tu es Julien? Je suis Silvia la femme de Gabriel suis moi!!!" bon... moi qui voulais les surprendre un peu en arrivant sans appeler finalement c'est moi qui est surpris! amusant!

Gabriel et Silvia ont 2 adorables "bambis" Luca (11 ans) et Gloria (9 ans). Ici, je suis reçu "comme un prince", Gabriel mettant à ma disposition un appartement complet!! je fais plus ample connaissance avec cette famille de voyageur et découvre que Gabriel a expérimenté de nombreuses manières de voyager: à vélo, en scooter, en moto ou encore en 4x4 transformé en camping car par ses soins!!!! Nous ferons de nombreuses sorties tous ensemble: je découvrirai Reggio Emilia et ses environs, où les bus de ville sont gratuits!! (on laisse sa voiture sur un parking special et on prend son ticket). Nous irons ainsi dans l'imposante médiathèque du centre ville. Le 6 Décembre, jour de la Saint-Nicolas (le Saint-Patron des voyageurs) incroyable!! nous nous rendons au Tibet!!! en Italie!! à Votigno, Stefano y a acheté il y a plusieurs années du terrain et a fait construire à ses frais de belles "casa del Tibet" (Gabriel a participé à la construction), s'est occupé d'y loger des tibetains se chargeant également de leur trouver du travail. Hèlas je ne rencontrerai pas Stefano absent ce jour là mais je salue son initiative!


Merci Gabriel, Silvia et les enfants pour les moments fantastiques passés en votre compagnie, ma rencontre avec Gabriel sur ce parking en pleine campagne a vraiment été une chance énorme et j'espère de tout coeur vous revoir sur les routes du monde!!!
Mardi 8 Décembre. Après ce séjour enchanteur où j'ai fais "le plein de super" je reprends ma route vers le Nord-Est en direction de la Slovénie qui se trouve à environ 340 kilomètres. La route est facile et le beau temps de la partie mais les températures commencent à descendre la nuit et le gel sous ma toile de tente extérieure est devenu monnaie courante. 2 jours plus tard je fais une nouvelle fois sécher ma tente en bord de route et Paolo et son père me remarque et viennent à ma rencontre.

Ces derniers tiennent absolument à m'aider et ils m'apporteront tous ce qu'ils peuvent: pain, café, et fruits, je repartirai avec la plus grosse donation énergétique jamais vue à ce jour!! ils ont véritablement remplis mes sacoches! une pomme de plus et je me retrouvais dans l'obligation de refuser par manque de place! Merci beaucoup!

Kilomètres parourus en Italie:

Environ 2415 km en 47 jours et 38 étapes, soit une moyenne de 63,5 km par étape.

dimanche 22 novembre 2009

L'Italie: Le pays où la solitude n'existe pas.


Mardi 27 Octobre. L'après midi est déjà bien avançé quand j'atteins la ville de Menton, où se situe l'ancien poste frontière. Juste avant de donner mes derniers coups de pédales en France, je me décide à faire une dernière pause très attentive, un au revoir symbolique au pays en somme.
Jusque là c'était facile chez moi! Dans quelques instants, "les compteurs vont être remis à 0" et il faudra tout réapprendre: nouvelle langue, nouveaux prix, nouveaux magasins, nouvelles habitudes... Dès que je rencontrerai une personne sachant parler français ou anglais, il faudra que je pense à lui demander de me traduire mon petit lexique "débrouille" (comprenant une trentaine de mots, ce dernier possède differentes rubriques: l'une pour s'orienter, une autre pour les formules de politesse, une autre encore pour les achats, et les chiffres bien sûr!) qui va s'enrichir au fil de mon séjour en Italie. En attendant tout est bon pour "se faire la main", panneaux publicitaires, affiches, enseignes de magasins, étiquettes...
Il faut également que je test les différents magasins histoire de repérer les produits d'un bon rapport quantité/qualité/prix.


Jeudi 29 Octobre. troisième jour en Italie. Je me suis tout de suite senti à mon aise dans ce pays où les gens ont le contact facile. Mon lexique n'est toujours pas établi et cela me frustre quelque peu dans mes discussions mais je sais bien que ça viendra alors en attendant je parle plus avec les mains (italia style). La côte est aussi touristique bien que moins agitée et tout comme en france les villes s'enchainent les unes après les autres: je campe donc à proximité des habitations.
En début d'après midi, alors que j'approche de Genova je rencontre en plein milieu d'un tunnel (qui sont nombreux en Italie) un cyclotouriste bulgare. Protocole informel oblige nous nous arrêtons pour bavarder un moment mais pas trop longtemps tout de même car l'endroit ne se prête pas aux longs discours... Lui va dans l'autre sens, vers l'Espagne. La cinquantaine, il est au moins aussi chargé que moi et pourtant il fait des étapes de 100 km par jour!! impressionnant. Je repenserai à lui un peu plus tard, lorsque piègé par les successions de villes je n'ai pas "senti" Genova arrivé. faisant l'essentiel de mes "bornes" dans la matinée, j'en ai au moins déjà 50 au compteur lorsque je me retrouve sur une nationale en 4 voies: plus moyen de faire demi-tour, je juge le coup trop risqué à cause du traffic trop important. Je me prépare donc mentalement à la traversée: Ce n'est pas trop grave!! il est encore tôt, je vais sans doute être "sur les rotules" ce soir mais si ce cyclo bulgare arrive à faire ses 100 km je peux le faire aussi, je l'ai déjà fait par le passé. Le point le plus important c'est la vigilance!! il faut rester concentrer à la fois sur les panneaux et sur la cirulation car des fois les camions frottent un peu trop comme on dit dans le jargon cycliste, et je n'aime pas du tout ça!!
Après 3 heures de traversé, je suis enfin sorti de cet enfer urbain. Juste à temps!! car le soleil ne va pas tarder à se coucher. En récompense pour cette dure journée, j'aurai droit à un superbe coucher de soleil "style carte postale " que bello!!!


Le lendemain, je décide de quitter la côte pour remonter vers le Nord-Est en direction de Piacenza. J'ai encore la journée d'hier à l'esprit, voilà plusieurs jours que les villes défilent: je ressens le besoin de me retrouver au calme et ont m'avaient dit vers Monaco "dans les montagnes, il n'y a personne!". Effectivement une fois dans l'ascension de mon premier passo (col) italien je retrouve des espaces vierges pour mon plus grand plaisir.



Dimanche 1er Novembre. Non loin de Piacenza. Alors que je fais sécher ma tente aux abords d'une station de lavage automobile, je rencontre Daniele le gérant des lieux. Il parle bien l'anglais et le français et m'aidera énormément: non seulement me voici désormais en possession de mon lexique mais en plus il va m'aider à établir un itinéraire intéressant à travers son pays. En effet je n'ai pas jugé bon de me munir de guides touristiques, préférant de loin me renseigner auprès des habitants eux-mêmes. Non seulement ça fait du poids en moins, mais plus important je trouve qu'une fois celui-ci en notre possession on en devient un peu trop "l'esclave". Je préfère ne rien savoir par avance et laisser les autres m'orienter.



Mardi 3 Novembre, vers 14 heures. Je me trouve à Reggio Emilia. Je n'ai plus grand chose à manger et j'attends tranquillement sur un parking que le magasin d'alimentation ouvre ses portes. J'ai de l'avance, alors en attendant je pars effectuer un repérage pour trouver un coin pour passer la nuit. A peine de retour sur le parking qu'une voiture s'arrête à ma hauteur. Le pilote se nomme Paolo Valcavi (à droite sur la photo ci-dessous), la cinquantaine et véritable "fou de vélo": alors quand il m'a vu avec tout mon équipement, ça a fait tilt!!


2 minutes après notre rencontre nous sommes déjà attablés au café du coin en pleine discussion. Ancien numéro 1 d'Italie en vtt, il m'invite ensuite à le suivre dans son atelier où il me montrera de magnifiques photos de son pèlerinage à Compostelle (à vélo bien entendu!!). Il est très curieux sur ma façon de voyager et posera de multiples questions et à chaque réponse j'aurai droit au "Bravo! Joulien Bravo!!!". Le lendemain matin je le retrouve au même café que la veille pour prendre la collazione qu'il a tenu à m'offrir. Lorsque je reprends la route il est environ 10 heures. Après une bonne quinzaine de kilomètres, je fais ma première pause de la journée sur un parking pour une nouvelle fois faire sécher ma tente... et encore une fois fantastique rencontre!!!


Gabriel O mar Galucci est né et a grandi en Argentine, pays qu'il a quitté avec ses frères quand il avait une vingtaine d'années. Il a désormais la quarantaine et habite lui aussi à Reggio Emilia. Il m'a seulement vu qu'il me tend une barre de nougat qu'il vient à peine d'acheter. Même pas 1 minute plus tard il me fera une très généreuse donation de 20 euros puis m'invite à son tour à prendre una collazione. Ce qu'il adore, c'est le Sahara. Il a déjà été en Grèce et me dit qu'en hiver ce pays est magnifique. Il me parlera également de l'Albanie qu'il trouve aussi superbe: je le crois sur parole donc je passerai par là pour me rendre en Grèce.
Avant de nous séparer il me donnera ses coordonnées en me disant de ne pas hésiter un instant à l'appeler si j'ai le moindre problème ou l'envie d'un toit pour la nuit, m'invitant même à faire demi-tour pour passer cette nuit chez lui. Je refuserai cette invitation en revanche lors de ma remontée pour passer de l'autre côté de l'Adriatique, c'est avec grand plaisir que je ferai une nouvelle fois halte à Reggio Emilia, le rendez-vous est déjà pris!!
Les jours suivant, la météo ne sera pas très bonne et pourtant je m'en moque encore plus que d'accoutumée et en mon for intérieur c'est un soleil radieux qui brille et Gabriel et Paolo en ont intensifié la flamme!!! Mille Grazie Gabriel!!! Tu m'as tout simplement sidéré par tant de générosité d'un seul coup et en si peu de temps. Toi aussi tu es un grand!!



Jeudi 5 Novembre. Je fais mon entrée en Toscana, région historique où l'on trouve des merveilles partout que ce soit entre les villes/villages (avec une nature absolument splendide) ou à l'intérieur (chaque village possédant toujours sa vieille ville). Tour à tour, je prendrai grand plaisir à déambuler dans les rues de Lucca, Pisa, San Gimignano, Siena, San Quirico d'Orcia et de nombreuses autres qui ne sont mêmes pas indiquées sur ma carte.
Ensuite je me dirigerai dans la région d'Umbria où je visiterai notamment Assisi mais cette région elle aussi regorge de splendeurs!!






Jeudi 19 Novembre. vers 14 heures. Je suis arrivé à Palma Campania ( où habite Santolo, ancien habitant de Cornimont), après avoir fait une visite "éclair" de Roma 2 jours plus tôt. En sa compagnie et celle de sa famille je passerai un séjour merveilleux où nous irons (Santolo et moi) faire une excursion à Napoli et où je découvrirai le quotidien de Palma Campania. A peine arrivé, je me mets en quête d'une cabine comme convenu avec Santolo afin de le prévenir que je suis là. Je me retrouve donc sur la Piazza (place) du village. La cabine est occupée par une jeune fille, le portable d'une main, le combiné de la cabine de l'autre. J'attends donc mon tour... La buona fortuna agit et je me fais aborder par la communauté du Bengladesh très présente ici. Finalement je n'appellerai Santolo qu'une demi-heure plus tard le temps de boire un petit café en leur compagnie!!! c'est également de leur locaux que je rédigerai le présent carnet, le boss des lieux mettant gratuitement un ordinateur à ma disposition.
Haa!!!! Palma Campania et ses rues grouillant de vie, avec ses bus où le chauffeur est dans une cabine isolé des autres (et oui il a grand besoin de ses 2 mains pour conduire!!! et sans cette habitacle le pilotage serait plus dangereux!!!) ; avec ses pizzerias où l'on commande au mètre!!! (imaginez la taille standart de la pizza chez nous mais allongez la quelque peu!!) j'adore!!
Je tiens à rendre hommage à toute la famiglia Cosenza de Palma pour le fantastique accueil et l'attention dont ils ont fait preuves à mon égard et la formidable disponibilité de Santolo qui m'a accompagné dans mes visites et expliqué quantités de choses sur son merveilleux pays. Mille Grazie!!! Je me suis senti chez moi ici et promis!! si je repasse un jour par ici, je ferai en sorte de venir au mois de février pour le célèbre et grandiose carnaval de Palma.




Italia tu m'as conquis !!! Avec tes rues étroites et vivantes, ton commerce de proximité toujours bien implanté, tout est fait ici pour faciliter le contact. Depuis mon entrée je n'y ai pas passé une seule journée sans reçevoir d'encouragements de ton peuple et je ne compte plus les pouces levés, les petites tapes amicales sur l'épaules et voeux de buona fortuna reçus tant ils sont nombreux!!
Non! Ici la solitude ça n'existe pas. Qui plus est, chose incroyable à chaque fois que j'ai besoin de quelque chose ou que j'ignore quelque chose je me retrouve "servi sur un plateau"!!
Par exemple alors que je suis à 1 journée de Napoli et donc de chez Santolo il faut que je trouve une cabine téléphonique pour le prévenir de mon arrivée imminente. En chemin je les essaye toutes mais soit elles sont dégradées, soit elles n'acceptent pas les pièces. Et hop !! comme par magie la buona fortuna fonctionne et lors de ma pause de midi on met sur ma route une personne qui se propose de me prêter son portable, refusant même que je paye la communication.
Ou encore alors que j'ignore le mauvais temps à venir, je me fais doubler par un couple de cyclo italien qui parle français. Au cours de la conversation, la femme commence à me parler de la météo alors que je n'y pensais même pas: "cette semaine ils n'annoncent pas du beau temps s'il pleut, arrêtez-vous!!". Le lendemain vers 12h effectivement il ne fait pas bon et il commence à pleuvoir mais pas trop fort par contre le ciel est complètement bouché. Je repense à ses paroles et décide de stopper pour aujourd'hui... Et bien à peine le campement installé qu'un orage éclate accompagné de fortes précipitations!!!!
Bref, c'est une véritable tempête d'encouragements qui s'est abattu sur moi et le peuple italien viens de me forger un moral d'acier en me confortant dans mon vagabondage, je ne suis pas prêt de m'arrêter!!!!


Quelques chiffres :

- A ce jour j'ai parcouru environ 1360 km en Italie en 22 jours et 18 étapes, soit une moyenne de 62 km par étape.
- Le compteur total s'élève à environ 2440 km, en 47 jours et 40 étapes, soit une moyenne de 61 km par étape.
- 14 cols franchis au total.
- 220 euros dépensés à ce jour, soit une moyenne d'environ 4,5 euros par jour.

vendredi 20 novembre 2009

Une excursion de toute beauté: Le Grand Canyon du Verdon.


Samedi 24 Octobre. J'ai déjà effectué une quarantaine de kilomètres depuis Villelaure et je viens de faire un petit ravitaillement que je range dans mes sacoches. Dans quelques kilomètres, je vais faire mon entrée dans les gorges...une vieille dame m'observe attentivement:
- "vous n'avez pas choisi la route la plus facile!!".
- "La plus facile je ne pense pas mais la plus belle sans doute!!!"
En fait, peu m'importe la difficulté, puisque j'ai tout mon temps. Si c'est dur je multiplie les pauses, voir je pousse le vélo si la pente est trop raide mais on y arrive toujours!



Je passerai 2 journées dans le Verdon et je crois bien que je n'ai jamais fait autant de pauses par jour tant de merveilles se laissaient découvrir derrière chaque nouveau virage. Le vélo est vraiment un moyen de locomotion formidable! Déjà c'est non polluant et ça ne consomme rien du tout (enfin rien... le pilote lui consomme !). Ensuite, la progression se fait à vitesse humaine et permet de profiter pleinement du spectacle offert. Enfin on ne se trouve pas enfermé dans un habitacle mais au contraire on reste toujours facilement accessible, ouvert aux autres. Bref c'est une manière formidable de voyager.



Dans le Verdon le spectacle est magistral. Je m'y sens privilegié par rapport aux pauvres automobilistes qui passent trop rapidement et qui ne peuvent s'arrêter pour profiter des vues offertes uniquement dans les quelques places amenagées mais qui sont bien trop rares a mon goût.



Lundi 26 Octobre. Il est environ 14h30 et je suis au sommet du col de Vence, porte de sortie du Verdon. J'aperçois la côte d'azur en contrebas, la vue est superbe mais une fois la descente accomplie elle l'est déjà moins: à peine sorti d'une ville pas de répit! on fait 10 mètres et on entre aussitôt dans une autre. je réussirai tout de même a trouvé un endroit propice pour poser la tente mais la recherche est plus longue que d'habitude et le coin infesté de moustiques. Je ne vais pas faire le difficile sur cette côte très touristique et fortement urbanisé c'est pas si mal!
et puis demain, cap sur l'Italie!!!!!

Kilomètres parourus en France:

Environ 1080 km en 22 jours et 18 étapes, soit une moyenne de 60 km par étape.
11 cols franchis au total.

mercredi 21 octobre 2009

La France; un "tour de chauffe" prometteur: Que du bonheur!!


Mardi 6 Octobre 2009, Cornimont, aux alentours de 9h15... Enfin le départ!!!Ce jour se sera bien fait attendre et malgré la tristesse de mes parents de me voir partir loin et longtemps une joie immense s'empare de moi. Depuis le temps que j'attendais ce moment!! Première escale : Le Thillot (à 13 km de chez moi !!!!) chez ma grand-mère paternelle: je n’avais pas encore pris le temps de lui dire au revoir et nous avions convenu la veille de passer la matinée ensemble. Après un gargantuesque repas et de pénibles adieux, je m’élance à nouveau sur la route vers 14h30.


Le lendemain en fin de matinée j’arrive à Belfort où ma cousine Sylvaine m’accueille chaleureusement. Petite virée dans la vieille ville et « re-gargantuesques » repas, ces 2 premiers jours de voyage ont vraiment des allures gastronomiques très prononcées. Les 2 premiers jours que dis-je !!!Même plus car je suis parti avec un stock de nourriture impressionnant: environ 6 kg (merci maman et papa pour le ravitaillement) dont 1,5 kg en tablettes de chocolats de dégustation s’il vous plait !!! (Merci Bayen et mémère). A ce stade là je parle même de début de tour placé sous le signe de l’abondance !!!


Samedi 10 octobre en fin d’après midi sur la route entre Pontarlier et Lons-le-Saunier. Un homme en bord de route m’intrigue: je roulais dans une grande ligne droite et donc je l’ai vu de loin. Il ne veut pas traverser la route (sinon il l’aurait déjà fait depuis le temps que je l’avais en point de mire). De plus le coin est désert avec principalement de la forêt des 2 côtés de la route si ce n’est quelques maisons par ci par là et donc je commence à penser en moi-même« ça c’est pour moi ». Lorsque je suis proche de lui plus de doutes quand je vois les saluts amicaux qu’il me lance. Je m’arrête donc à sa hauteur et nous engageons la conversation. J’apprends lors de cette conversation qu’il m’avait doublé en voiture environ 10-15 km plus tôt et qu’il m’attendait (je trouve ça vraiment extraordinaire, c’est la première fois que je vois ça !!!). Jean-Marc est retraité, la soixantaine, et c’est un ancien licencié du club cycliste d’Etupes. De plus il a déjà fait un périple en scooter en partant de chez lui jusqu’au Maroc où il a rencontré sa femme. Au terme de cette conversation il m’invite à établir mes quartiers devant son entrée (trop petit chez lui pour m’offrir une chambre) qui dispose d’un bel abri permettant d’accueillir ma tente, ainsi qu’à partager son repas du soir. Après le repas il sortira l’album photo de ses voyages et nous passerons une soirée à échanger plus en détails nos expériences.


Mercredi 14 octobre. Je me trouve à 10 km au nord-ouest de Grenoble, juste au pied du massif du Vercors dont je vais entreprendre la traversée et juste avant ma pause-repas du midi, passe un coup de fil à mes parents. C’est ainsi que j’apprends la mort de mon papy, décédé la nuit même. Le coup est dur même si je savais ses jours comptés. Continuer d’avancer me permet d’évacuer. Au revoir papy que le ciel te tienne en joie !!



Jeudi 15 octobre. La nuit a été difficile à Villard-de-Lans tant il a fait froid mais j’ai quand même trouvé le sommeil. A mon réveil je découvre du gel à l’intérieur de la tente extérieure et des cristaux de glace dans mon eau tout comme ce fut le cas en Russie en octobre 2003.En même temps je suis rassuré car maintenant j’ai la certitude d’avoir encore un peu de marge vis-à-vis des températures extrêmes car je peux encore rajouter une couche de vêtement en cas de nécessité (j’étais simplement en short et en T-shirt à l’intérieur du sac de couchage). La sortie du sac de couchage est tout de même rude et pour lutter contre le froid ambiant pas d’autres solutions que s’activer et tout empaqueter rapidement. Après quelques kilomètres, la route s’élève à nouveau (mais sous le soleil !).

J’entame la difficile ascension du col d'Herbouilly. Une fois de l’autre côté, je me retrouve aussitôt dans la brume et il y fait aussi froid qu’à mon réveil. La perspective d’une nouvelle nuit fraîche ne m’enchante guère mais je commence déjà à l’envisager car l’horizon est bouché sur ce versant. Nous sommes à la mi-journée et il fait toujours frais, je regarde ma carte: un autre col m’attends pas très loin dont le sommet se trouve à 30 kilomètres mais le problème c’est qu’ils sont tous représentés de la même manière par une simple tâche sombre et je n’ai donc aucune idée de la difficulté avant d’y être confronté !!! Que faire ? Dans tous les cas je vais encore rouler mais je n’ai pas envie de me retrouver épuisé en plein milieu d’ascension (ce qui veux dire camper en altitude) donc soit je vais au bout soit je campe au pied du col où je passerai une meilleure nuit. Il est environ 14h30 lorsque je suis vraiment au pied de ce dernier: il me reste 10 kms à parcourir et malgré les 20 autres kms en léger faux plat montant il me reste encore des réserves… « Allez !!! Je tente ma chance !!! » Je sais alors que je me condamne à une longue journée car une fois cette décision prise, il faudra bien sûr redescendre sur l’autre versant mais la perspective d’y retrouver peut être un temps plus favorable pèse plus lourd dans la balance.


Une fois au sommet, je suis transporté de joie car la vue est magnifique et je retrouve devant moi un ciel clément: que j'ai bien fait de continuer!!! Alors que je me rends sur l’air de repos aménagé au sommet afin de me rhabiller pour la longue descente qui m’attend, j’aperçois un cycliste qui se repose assis sur une table et je me dirige aussitôt vers lui. Simon est anglais et il est en vacance à Die, qui se trouve au pied du col de Rousset que je m'apprête à descendre, un coin qu’il affectionne particulièrement. Je ne peux m’empêcher de lui expliquer les raisons de ma joie devant une vue aussi ensoleillée et magnifique. Très vite il est rejoint en voiture par sa femme Ali, son fils George et sa mère « raggy »Ann (le petit George est encore trop jeune pour bien prononcé granny).


Finalement cette descente attendra encore tant je m’entends immédiatement bien avec cette famille qui a le cœur sur la main. Après au moins 20 bonnes minutes de discussion pendant lesquels je satisfais leur curiosité (et provoque la jalousie de Ali), ils me proposent de m’héberger dans leur gîte, offre que j’accepte avec joie. Nous passerons une délicieuse soirée tous ensemble et le lendemain les adieux sont émouvants. Comme le dit Simon « haa tu fais le tour du monde !! Mais ce n’est pas un vrai tour du monde si tu ne passes pas en Angleterre !!! » Le rendez-vous est pris donc !! Si par chance j’ai l’opportunité de trouver un bateau en partance pour l’Angleterre, je ne manquerai pas de vous faire une petite visite !!!



Dimanche 18 Octobre. Il est environ 15h30 lorsque j’arrive à Villelaure, première escale de mon voyage chez ma cousine Elodie. Au programme, ballade dans les environs, rédaction du carnet et détente. L’Italie est désormais toute proche, je passerai par les gorges du Verdon et ensuite... et bien je n’ai pas encore décidé!!!

D'un point de vue général: côté météo, la pluie aura été très présente tout au long de ma première semaine de voyage et je me suis "amusé" à repenser à mon premier périple en 2002 (peuplesetmusiques) avec Benoît où les mêmes conditions s’étaient présentées. A l’époque nous étions de véritables novices et nous avions pris le train après 4 petits jours de pluie seulement. Maintenant la pluie ne me dérange pas plus que ça, bien sûr il est plus agréable de rouler sous un beau ciel bleu mais plus question de me laisser décourager par le temps qu’il fait ! Maintenant je scrute le ciel et quand je vois une bonne percée dans les nuages j’en profite pour faire une belle pause, faire sécher mes affaires et me préparer une boisson chaude (ou s’il pleut sans interruption je recherche un abri pour faire de même). La deuxième semaine, fini la pluie bonjour le vent !!! C’est pour ma part l’élément le plus difficile à gérer : non pas qu’il freine mon avancé ou sape mon moral mais plus qu’il me contraint à forcer sur mes jambes, sans compter que parfois, quand il souffle vraiment fort comme ce fût le cas dans le massif du Vercors, « il s’amuse » à me déporter. Bref je dois redoubler de prudence et ce sont donc des journées plus éprouvantes physiquement.


Côté campement quand le vent souffle je fais en sorte de trouver des bons coins à l’abri et j’attends toujours quelques bourrasques afin de valider définitivement mon choix. En parlant de campement justement ! Dans ce domaine là aussi nous n’étions pas très doués à nos débuts d’apprentis voyageurs et cela nous avaient occasionné quelques désagréments. En effet choisir un endroit propice n’est pas chose si aisée que ça : il ne faut pas se faire avoir par le bel emplacement bien plat où il n’y a rien à faire à part poser sa tente (qui peut se transformer en bourbier en cas de pluie) et il faut toujours garder en tête que la météo peut changer durant la nuit. Je choisi donc toujours avec la plus grande attention mes emplacements et prends toujours soin de bien examiner et de préparer le terrain, c'est-à-dire d’y éliminer ronces, cailloux, ou autres aspérités gênantes.

Quelques chiffres:

A ce jour j'ai parcouru environ 760 kilomètres en 13 étapes, soit une moyenne de 58,5 kilomètres par étape.

8 cols franchis

60 euros dépensés à ce jour soit une moyenne de 3,75 euros par jour.