mercredi 21 octobre 2009

La France; un "tour de chauffe" prometteur: Que du bonheur!!


Mardi 6 Octobre 2009, Cornimont, aux alentours de 9h15... Enfin le départ!!!Ce jour se sera bien fait attendre et malgré la tristesse de mes parents de me voir partir loin et longtemps une joie immense s'empare de moi. Depuis le temps que j'attendais ce moment!! Première escale : Le Thillot (à 13 km de chez moi !!!!) chez ma grand-mère paternelle: je n’avais pas encore pris le temps de lui dire au revoir et nous avions convenu la veille de passer la matinée ensemble. Après un gargantuesque repas et de pénibles adieux, je m’élance à nouveau sur la route vers 14h30.


Le lendemain en fin de matinée j’arrive à Belfort où ma cousine Sylvaine m’accueille chaleureusement. Petite virée dans la vieille ville et « re-gargantuesques » repas, ces 2 premiers jours de voyage ont vraiment des allures gastronomiques très prononcées. Les 2 premiers jours que dis-je !!!Même plus car je suis parti avec un stock de nourriture impressionnant: environ 6 kg (merci maman et papa pour le ravitaillement) dont 1,5 kg en tablettes de chocolats de dégustation s’il vous plait !!! (Merci Bayen et mémère). A ce stade là je parle même de début de tour placé sous le signe de l’abondance !!!


Samedi 10 octobre en fin d’après midi sur la route entre Pontarlier et Lons-le-Saunier. Un homme en bord de route m’intrigue: je roulais dans une grande ligne droite et donc je l’ai vu de loin. Il ne veut pas traverser la route (sinon il l’aurait déjà fait depuis le temps que je l’avais en point de mire). De plus le coin est désert avec principalement de la forêt des 2 côtés de la route si ce n’est quelques maisons par ci par là et donc je commence à penser en moi-même« ça c’est pour moi ». Lorsque je suis proche de lui plus de doutes quand je vois les saluts amicaux qu’il me lance. Je m’arrête donc à sa hauteur et nous engageons la conversation. J’apprends lors de cette conversation qu’il m’avait doublé en voiture environ 10-15 km plus tôt et qu’il m’attendait (je trouve ça vraiment extraordinaire, c’est la première fois que je vois ça !!!). Jean-Marc est retraité, la soixantaine, et c’est un ancien licencié du club cycliste d’Etupes. De plus il a déjà fait un périple en scooter en partant de chez lui jusqu’au Maroc où il a rencontré sa femme. Au terme de cette conversation il m’invite à établir mes quartiers devant son entrée (trop petit chez lui pour m’offrir une chambre) qui dispose d’un bel abri permettant d’accueillir ma tente, ainsi qu’à partager son repas du soir. Après le repas il sortira l’album photo de ses voyages et nous passerons une soirée à échanger plus en détails nos expériences.


Mercredi 14 octobre. Je me trouve à 10 km au nord-ouest de Grenoble, juste au pied du massif du Vercors dont je vais entreprendre la traversée et juste avant ma pause-repas du midi, passe un coup de fil à mes parents. C’est ainsi que j’apprends la mort de mon papy, décédé la nuit même. Le coup est dur même si je savais ses jours comptés. Continuer d’avancer me permet d’évacuer. Au revoir papy que le ciel te tienne en joie !!



Jeudi 15 octobre. La nuit a été difficile à Villard-de-Lans tant il a fait froid mais j’ai quand même trouvé le sommeil. A mon réveil je découvre du gel à l’intérieur de la tente extérieure et des cristaux de glace dans mon eau tout comme ce fut le cas en Russie en octobre 2003.En même temps je suis rassuré car maintenant j’ai la certitude d’avoir encore un peu de marge vis-à-vis des températures extrêmes car je peux encore rajouter une couche de vêtement en cas de nécessité (j’étais simplement en short et en T-shirt à l’intérieur du sac de couchage). La sortie du sac de couchage est tout de même rude et pour lutter contre le froid ambiant pas d’autres solutions que s’activer et tout empaqueter rapidement. Après quelques kilomètres, la route s’élève à nouveau (mais sous le soleil !).

J’entame la difficile ascension du col d'Herbouilly. Une fois de l’autre côté, je me retrouve aussitôt dans la brume et il y fait aussi froid qu’à mon réveil. La perspective d’une nouvelle nuit fraîche ne m’enchante guère mais je commence déjà à l’envisager car l’horizon est bouché sur ce versant. Nous sommes à la mi-journée et il fait toujours frais, je regarde ma carte: un autre col m’attends pas très loin dont le sommet se trouve à 30 kilomètres mais le problème c’est qu’ils sont tous représentés de la même manière par une simple tâche sombre et je n’ai donc aucune idée de la difficulté avant d’y être confronté !!! Que faire ? Dans tous les cas je vais encore rouler mais je n’ai pas envie de me retrouver épuisé en plein milieu d’ascension (ce qui veux dire camper en altitude) donc soit je vais au bout soit je campe au pied du col où je passerai une meilleure nuit. Il est environ 14h30 lorsque je suis vraiment au pied de ce dernier: il me reste 10 kms à parcourir et malgré les 20 autres kms en léger faux plat montant il me reste encore des réserves… « Allez !!! Je tente ma chance !!! » Je sais alors que je me condamne à une longue journée car une fois cette décision prise, il faudra bien sûr redescendre sur l’autre versant mais la perspective d’y retrouver peut être un temps plus favorable pèse plus lourd dans la balance.


Une fois au sommet, je suis transporté de joie car la vue est magnifique et je retrouve devant moi un ciel clément: que j'ai bien fait de continuer!!! Alors que je me rends sur l’air de repos aménagé au sommet afin de me rhabiller pour la longue descente qui m’attend, j’aperçois un cycliste qui se repose assis sur une table et je me dirige aussitôt vers lui. Simon est anglais et il est en vacance à Die, qui se trouve au pied du col de Rousset que je m'apprête à descendre, un coin qu’il affectionne particulièrement. Je ne peux m’empêcher de lui expliquer les raisons de ma joie devant une vue aussi ensoleillée et magnifique. Très vite il est rejoint en voiture par sa femme Ali, son fils George et sa mère « raggy »Ann (le petit George est encore trop jeune pour bien prononcé granny).


Finalement cette descente attendra encore tant je m’entends immédiatement bien avec cette famille qui a le cœur sur la main. Après au moins 20 bonnes minutes de discussion pendant lesquels je satisfais leur curiosité (et provoque la jalousie de Ali), ils me proposent de m’héberger dans leur gîte, offre que j’accepte avec joie. Nous passerons une délicieuse soirée tous ensemble et le lendemain les adieux sont émouvants. Comme le dit Simon « haa tu fais le tour du monde !! Mais ce n’est pas un vrai tour du monde si tu ne passes pas en Angleterre !!! » Le rendez-vous est pris donc !! Si par chance j’ai l’opportunité de trouver un bateau en partance pour l’Angleterre, je ne manquerai pas de vous faire une petite visite !!!



Dimanche 18 Octobre. Il est environ 15h30 lorsque j’arrive à Villelaure, première escale de mon voyage chez ma cousine Elodie. Au programme, ballade dans les environs, rédaction du carnet et détente. L’Italie est désormais toute proche, je passerai par les gorges du Verdon et ensuite... et bien je n’ai pas encore décidé!!!

D'un point de vue général: côté météo, la pluie aura été très présente tout au long de ma première semaine de voyage et je me suis "amusé" à repenser à mon premier périple en 2002 (peuplesetmusiques) avec Benoît où les mêmes conditions s’étaient présentées. A l’époque nous étions de véritables novices et nous avions pris le train après 4 petits jours de pluie seulement. Maintenant la pluie ne me dérange pas plus que ça, bien sûr il est plus agréable de rouler sous un beau ciel bleu mais plus question de me laisser décourager par le temps qu’il fait ! Maintenant je scrute le ciel et quand je vois une bonne percée dans les nuages j’en profite pour faire une belle pause, faire sécher mes affaires et me préparer une boisson chaude (ou s’il pleut sans interruption je recherche un abri pour faire de même). La deuxième semaine, fini la pluie bonjour le vent !!! C’est pour ma part l’élément le plus difficile à gérer : non pas qu’il freine mon avancé ou sape mon moral mais plus qu’il me contraint à forcer sur mes jambes, sans compter que parfois, quand il souffle vraiment fort comme ce fût le cas dans le massif du Vercors, « il s’amuse » à me déporter. Bref je dois redoubler de prudence et ce sont donc des journées plus éprouvantes physiquement.


Côté campement quand le vent souffle je fais en sorte de trouver des bons coins à l’abri et j’attends toujours quelques bourrasques afin de valider définitivement mon choix. En parlant de campement justement ! Dans ce domaine là aussi nous n’étions pas très doués à nos débuts d’apprentis voyageurs et cela nous avaient occasionné quelques désagréments. En effet choisir un endroit propice n’est pas chose si aisée que ça : il ne faut pas se faire avoir par le bel emplacement bien plat où il n’y a rien à faire à part poser sa tente (qui peut se transformer en bourbier en cas de pluie) et il faut toujours garder en tête que la météo peut changer durant la nuit. Je choisi donc toujours avec la plus grande attention mes emplacements et prends toujours soin de bien examiner et de préparer le terrain, c'est-à-dire d’y éliminer ronces, cailloux, ou autres aspérités gênantes.

Quelques chiffres:

A ce jour j'ai parcouru environ 760 kilomètres en 13 étapes, soit une moyenne de 58,5 kilomètres par étape.

8 cols franchis

60 euros dépensés à ce jour soit une moyenne de 3,75 euros par jour.