mercredi 17 février 2010

Pour le plaisir des yeux: Galerie photo n°1

En 4 mois de voyage j'ai déjà pris environ 750 photos et le choix de ces dernières pour accompagner mes textes est à chaque fois un exercice difficile car j'aimerais toutes vous les montrer mais ce n'est pas possible... J'ai donc décidé de glisser de temps en temps une galerie dans ce genre histoire de vous faire voyager un peu plus loin dans les terres! Bon voyage!!

FRANCE

Vers Lons-le-Saunier, dans le Jura.

Dans le département de l'Ain, sur une petite route paisible après Nantua.

Sisteron, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Village à flanc de montagne, véritable "porte d'entrée" dans les Gorges du Verdon.

Sur un haut-plateau peu avant la descente du col de Vence.

ITALIE

Coucher de soleil à Bordighera.

Route de montagne avant de descendre vers Piacenza.

La chiesa di S.Pietro Somaldi (XII-XIII siècle), à Lucca.

Coucher de soleil en Toscana.

La Basilica di S.Francesco au petit matin dans la brume, Assisi.

Sur la route menant à Roma.

Votigno.

SLOVENIE

Petit village vers Nova Goriça.

Transformation en glaçon. Heureusement c'est pas comme ça tous les jours :p

CROATIE

Vers Delnice.

Vers Senji.

Makarska.

La côte croate dans toute sa splendeur.

Non loin de la frontière avec le Montenegro.

Dubrovnik.

MONTENEGRO


Environs de Kotor.

Environs de Budva.

ALBANIE

Sortie de Tirana.

Dans la montée vers Elbasan.

Mes premières pistes, vers Berat.

Sur la route entre Ballsh et Tepelen.



Environs de Jergucat.

GRECE


Va pleuvoir? va pas pleuvoir? :p Environs de Ionina.


Nikopoli.

Vers Astakos.

En sortie de Patra.

Sortie du massif du Peloponnisos, avant Argos.

Athina.

Vers Tirnavos.



Vers Sarantaporo.

Vers Rimnio.
Route gelée sur quelques kilomètres vers Polimilos.

dimanche 14 février 2010

Aventure dans les Balkans (partie 2): une expédition à la force du mollet.


Mercredi 6 Janvier, à Tirana. Après 3 jours de repos, je reprends ma route vers le Sud de bon matin, plein d'entrain. Je suis d'autant plus satisfait car le beau temps est mon allié alors que lors de ma période de repos il a plu tous les jours: et oui!! le voyageur adore la pluie quand il est à l'arrêt!! "ç'est ça qu'il pleuve!!!!! ç'est toujours celle là de moins sur ma route!!".



Depuis mon entrée en Albanie, le profil de mes étapes est resté plat dans son ensemble mais devant moi, je ne vois à présent que des montagnes, et d'après ma carte j'entre dans une zone où la montagne est reine, et ce sur des centaines de kilomètres!!! Ma première montée m'emmène tout droit vers Elbasan, située à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. Lors de cette étape je rencontre Hadji, la soixantaine dont une vingtaine passée en prison à cause de ses idées anticommunistes. Il me décrira cette période de dictature durant laquelle 3 de ses oncles seront exécutés, triste histoire... Lors de son "séjour" en captivité il a appris le français et me parlera longuement de Victor Hugo dont il admire les idées.


Le surlendemain de mon départ de Tirana, le soleil ne fera son apparition que par intermittence et je retrouve surtout de la pluie, voir des orages accompagnés de fortes précipitations ou de grêle. cela durera plusieurs jours et n'ayant qu'une tenue de pluie, je dois continuer d'avancer tout en m'appliquant pour la conserver le plus sec possible pour l'étape du lendemain. Pour se faire, je m'organise de la façon suivante: si le ciel devient trop menaçant je tâche de trouver un refuge avant le déluge et si à la mi-journée je suis trop trempé j'essaye de trouver une maison abandonnée ou en construction pour le reste de la journée et de la nuit: j'y étend de suite ma tenue et ainsi parviens à progresser malgré un mauvais temps persistant.


Cependant il y a des fois où la grosse pluie arrive alors qu'on est au milieu de nulle part, et dans ces cas là il n'y a rien d'autres à faire que continuer d'avançer et s'arrêter sous le premier abri venu. C'est dans ces circonstances que je rencontre un homme (dont je n'arriverai pas à savoir le nom) sous le toît d'une station service. Je suis trempé jusqu'aux os et il m'invite à me sécher chez lui: ça ne se refuse pas!!! Un simple lit est aménagé dans un coin de l'unique pièce de la maison, le reste de l'espace étant occupé par une bétonnière et autres engins de construction. Je resterai une bonne heure ainsi à attendre que la pluie se calme. Au moment de repartir, je renfile alors ma combinaison "anti-pluie" à moitié sèche: mon hôte est surpris: il pensait sans doute que j'allais garder sur moi les habits secs que j'avais enfilé en attendant! Lors des adieux, il me fait signe d'attendre et commence à fouiller dans un sac: il en ressortira un polo qu'il m'offrira. "Falimindele!!!"



Ce temps ne fait pas mon affaire car il m'empêche de m'éloigner des grands axes. En effet, si les routes majeures du pays sont bonnes dans l'ensemble, dès qu'on s'en écarte un peu on se retrouve vite sur de la bonne vieille piste! je ferai quelques portions ainsi mais le centimètre d'eau sur la route me masque les nids-de-poule et les locaux me déconseillent de persévérer: ils me préparerons un itinéraire sur-mesure pour m'éviter ce genre d'inconvénient.


Samedi 9 Janvier, vers Tepelen. Au sommet d'un nouveau col, comme à mon habitude je fais halte pour reprendre mon souffle, m'habiller en conséquence pour la descente et surtout pour profiter de la vue. A peine descendu de ma monture qu'un homme sortant du bar voisin m'accoste : "Tu as l'air épuisé mon ami!" Direction le bar!! Ces invitations sont devenu une habitude ici et tous le long de mon séjour en Albanie pas une seule journée n'est passée sans que l'on m'invite à discuter autour d'un bon café. Quel pays!!! Les Albanais sont vraiment des gens formidables, rempli de compassion. J'en ai la confirmation tous les jours sur ma route. Ici le voyageur n'est jamais laissé-pour-compte et que je sois trempé, que l'orage gronde je ne m'en inquiète même pas car je sais très bien que les mains secourables sont plus que nombreuses ici!! Jamais je n'avais reçu un accueil d'une telle constance.


Le lundi 11 Janvier, vers le milieu de la matinée j'atteins Kakavi, mon dernier village avant de me retrouver en Grèce. Pour quitter le pays en beauté, j'ai même droit à une ultime invitation quelques centaines de mètres avant le poste frontière: Jusqu'au bout des ongles ce pays m'a conquis et j'ai la plus grande admiration pour son peuple! Jamais je n'oublierai votre altruisme.



2 jours après être rentré en Grèce je rejoins une nouvelle fois la méditerrannée. Entre-temps, la batterie de mon appareil photo est déchargée: l'occasion d'une nouvelle rencontre! Vers Arda je fais ainsi la connaissance de Yannis Dimos, qui tient une Taverna. Au départ, Yannis ne veut pas que je recharge mon appareil prétextant qu'aucune prise n'est disponible. Hèlas pour lui, alors qu'il me tient ce discours je vois en arrière-plan 2 belles prises disponibles que je lui montre. Du coup je redemande une fois en lui montrant les prises et là il acquiesce enfin. Durant la période de recharge je lui raconte comment je suis arrivé ici, et lui demande de me renseigner sur des sites intéressants en vue d'un eventuel itinéraire dans son pays: "tu peux aller où tu veux la Grèce c'est beau partout!!!". Magnifique!! D'accoutumée, quand je pose cette question on me dresse un plan de route mais là ça veut dire que j'ai "quartier libre"! qu'il en soit ainsi!! Avant de repartir Yannis me fait cadeau de mes consommations et m'offre en plus une petite fiole d'un alcool typique de son pays. Sympa!! Quand je pense qu'au départ il ne voulait même pas que je recharge mon appareil!!



Lors de cette traversée, les routes sont paisibles, la nature verdoyante et je rencontrerai surtout des bergers, cette partie étant essentiellement consacrée à l'agriculture et à l'élevage. Je passerai ainsi de douces nuits à camper sous l'olivier bercé par le son des cloches des troupeaux.



Dimanche 17 Janvier. Je me trouve juste avant Patra, point de passage obligé pour tous les voyageurs venant de l'Ouest souhaitant sillonner le Sud du pays. Pour entrer dans cette région deux options: le ferry ou un impressionnant pont d'environ 3 kilomètres de long. Cette zone étant très venteuse, je décide d'aller voir en premier lieu du côté des quais. Une fois sur place, les ferrys sont bien là mais c'est trop calme à mon goût. Je rentre donc dans le premier commerce en vue pour me renseigner: j'y fais la connaissance de Dimitri qui m'explique que les ferrys restent à quais les dimanches "et pour ce qui est du pont je ne sais pas s'ils vont t'autoriser à passer à cause du vent... Mais viens avec moi, je vais me renseigner au bureau de la sécurité". Pendant que Dimitri se renseigne j'attends dehors en croisant les doigts pour ne pas rester bloqué ici. "Mon ami c'est ton jour de chance!!! je leur ai expliqué ta situation et ils t'autorisent à passer malgré le vent". -"Ouf!!! Merci l'ami de t'être démené pour moi je te dois une fière chandelle!"



Les deux semaines et demi suivantes seront très montagneuses avec pas moins de 13 cols franchis durant cette période. "Les hostilités" sont déclarées dès ma sortie de Patra, avec un séjour dans le massif du Peloponnisos qui me barre le chemin vers Athina. La route bien qu'ardue et de toute beauté et je repenserai souvent aux paroles de Yanis: il n'avait que trop raison quand il me disait qu'où que j'aille je ne verrais que des merveilles!!! Par contre il y a une chose qui n'est pas merveilleuse du tout depuis mon entrée en Grèce: ce sont les chiens errants. Tous les jours ou presque et des fois plusieurs fois dans une même journée ils me poursuivent avec acharnement. Une fois dans une descente un de ces stupides chiens est apparu de nulle part en coupant ma trajectoire alors que j'étais élancé à bonne allure. Heureusement je suis habile sur un vélo mais la chute grave n'était pas loin! Depuis ce jour là, j'avance avec précaution et scrute avec minutie l'horizon pour voir arriver ce genre d'incident.


Vendredi 22 Janvier, j'arrive sur Athina où je resterai 2 journées le temps de visiter son Akropolis et de me ballader au hasard dans la capitale. Et voilà! Athina marque la fin de ma descente vers le Sud de l'Europe et à présent cap vers le Nord! J'aurai longé la Méditerrannée sur des milliers de kilomètres! Je ne suis pas marin mais je commence à bien saisir le climat de cette mer capricieuse où le temps est imprévisible et change à une vitesse folle (du moins pendant la période hivernale). Maintenant, les journées commencent à rallonger et les beaux jours sont devant moi !!



Pour ce qui est de la suite du parcours, la difficulté montera d'un cran par rapport au massif précédent et je retrouve assez vite de la neige et des températures négatives pour mes nuits. Durant ce périple, je rencontrerai beaucoup d'agriculteurs mais sur le bitume! En effet ces derniers ont dressé des barrages dans beaucoup d'endroits stratégiques, bloquant l'accès de tous les grands axes de cette partie du pays. Je franchirai à 5 reprises différents barrages de la sorte et à certains d'entre eux ont m'invitera à me restaurer au coin du feu communautaire. Au premier barrage, j'apprends qu'ils en sont déjà à leur douzième jour de siège! Les gros revendeurs s'engraissent sur le dos de gens qui travaillent dur et eux ne voient qu'un faible pourcentage de ces revenus... Ils en ont ras-le-bol de cette situation et sont bien déterminés à continuer leur action jusqu'à avoir gain de cause.



Au niveau des rencontres j'en fais de plus en plus mais parce que je vais plus facilement de l'avant. Avec le recul maintenant je me dis que l'Albanie m'a rendu plus audacieux. En effet mes deux premiers jours en Grèce furent assez difficiles car les gens venaient si facilement vers moi!! et du jour au lendemain je me retrouve "privé" de tout ça! Alors comme les invitations à me sécher ou me réchauffer au coin d'un bon feu ne sont plus là et bien c'est moi qui m'invite! Durant ces haltes dans les cafés ou les stations services je commande souvent une boisson chaude et le temps de ma présence j'en profite pour raconter comment je me suis retrouvé ici et je glisse quelques anecdotes de voyages par la même occasion. Et, au moment de règler ma note presque toujours je n'ai pas à sortir le portefeuille! Les routiers sont devenu mes précieux alliés et j'aime m'entretenir avec eux: sillonnant l'Europe, ils me tiennent au courant de l'état des routes, photos de portables à l'appui: C'est ainsi que je décide d'aller faire un tour en Turquie, sachant qu'en Bulgarie, le froid est encore un peu trop mordant pour envisager une remontée trop franche.



Mardi 9 Février, je franchis la frontière turque. Au sortir de la Grèce et de ses montagnes les étapes sont "piece of cake" mais hélas pour moi je continue à subir les assauts de la gente canine... Je ne suis ici que depuis quelques jours mais j'ai déjà eu un bon apercu de l'hospitalité turque: je n'aurai pas trop besoin de m'inviter ils sont plus rapides que moi !!! et j'ai déjà "pris le pli" de discuter autour d'un bon çay et maintenant je ne peux pas m'en repasser!!!



Au Samedi 13 février j'arrive sur Istanbul d'où je dois décider de la suite de mon parcours. Je réside à quelques kilomètres de Sultanahmet où les mosquées sont toutes plus belles les unes que les autres. La chance me sourit et je me suis fait un grand ami ici. D'habitude, en ville (et encore plus dans les capitales) j'ai plutôt tendance à "être sur la défensive" sous peine de tomber dans les arnaques en tout genre mais Yasar (qui tient un restaurant dans ce quartier) est moi avons vite sympathisé. Tous les après-midi depuis que je l'ai rencontré je vais lui rendre visite et passe d'agréables moments en sa compagnie: à chaque fois il m'invite à rester pour partager son repas du soir préparé par son cuisinier japonais (avant de travailler pour Yaşar il travaillait à l'ambassade de son pays ): voilà qui me change de mon standing de routard!! En plus de sa grande générosité envers ma personne, Yasar m'aidera également à trouver une boutique vélo (mes freins après 4 mois de voyage ont grand besoin d'être changé) et avec l'aide de son associé Yasin (qui est également guide touristique), ils me préparerons un itinéraire sur-mesure. Je n'ai pas pour habitude de faire de la publicité mais Yasar le mérite amplement alors si un jour vous vous rendez sur Istanbul, passez lui faire un petit bonjour de ma part! Voici son adresse:

Djazzu restaurant
Alemdar mahallesi incili çavuş çıkmazı 5-7 sultanahmet / Istanbul
info@djazzu.com


Quelques chiffres :

- A ce jour j'ai parcouru environ 268 km en Albanie (soit un total de 430 km pour ce pays) , 1650 en Grèce et 260 km en Turquie en 40 jours et 35 étapes, soit une moyenne de 62 km par étape.
- Le compteur total s'élève à environ 6920 km, en 132 jours et 111 étapes, soit une moyenne de 62,3 km par étape.
- 34 cols franchis au total.
- 765 euros dépensés à ce jour, soit une moyenne d'environ 5,8 euros par jour.