samedi 15 octobre 2011

Cheval mécanique, cyclocampeur et Far West.

Mercredi 24 Août, à Oliver. Le temps de "mettre à nouveau les voiles" est finalement venu... plus tôt que prévu! En effet, avant d'entamer la récolte des cerises je m'étais dit que j'enchaînerais ensuite par celle des tomates mais le coin est devenu trop désert à mon goût et sans d'agréables compagnons avec lesquels partager ses soirées autour de la lumière d'un bon feu de camp, cet endroit a perdu à mes yeux une grande partie de son intérêt. Ryo et Natsuki ainsi qu'Éric, (avec lesquels on me voyait la plupart du temps) sont partis depuis le début du mois continuer la récolte des cerises dans les Rocheuses ; quant à Louis et Marc, les inséparables frangins, ainsi que Philomène et Agathe, nous avons terminé ensemble la crème de notre boss Gari et ensuite... nous sommes tous partis chacun de notre côté. C'est sûr je n'aurais pas dit non pour me faire une tirelire un peu plus conséquente mais comme je me satisfais en règle générale de peu de choses et que je ne suis pas obnubilé par le fait de remplir mon tiroir-caisse au point de ne rester ici que dans cet unique but, et bien reprenons donc la route! elle saura bien m'offrir d'autres opportunités tout aussi plaisante que la cueillette pour me remettre en fond plus tard!

Cependant, avant de partir j'entends bien profiter de tous les avantages que procure un tel endroit où nombre de routards sont réunis, parmi lesquels celui de se ré-équiper convenablement et à moindre coût. Ainsi on trouve une échoppe sur Oliver où je déniche un kway monnayant 1 $, une veste pour 2 $ ainsi qu'un pantalon pour 2 $. Je vais ensuite faire un tour non loin de là pour racheter une nouvelle tente (durée de vie moyenne d'une année pour les précédentes) et là encore je fais une superbe acquisition à 20 $ la tente et neuve s'il vous plait! bien entendu pour ce prix là ''il y a anguille sous roche'' et mieux vaut la monter une fois avant de partir juste pour voir quelles sont ses faiblesses: arceaux en fibre de verre à croiser au montage, ça c'est du tout bon! depuis que je suis passé à cette matière aux dépens de l'aluminium, je n'y reviendrais pour rien au monde: c'est certes un peu plus lourd mais beaucoup moins sujet aux déformations suite aux montages/démontages journaliers. Quant au croisement des arceaux, la structure bouge ainsi beaucoup moins en cas de gros vent, et j'en profite au passage pour signaler a tout futur voyageur envisageant de faire un usage aussi intensif que moi de sa tente de passer tout de suite leur chemin sur celles dont le montage comprend des arceaux à monter indépendamment les uns des autres, car en cas de gros vent ces derniers travaillent trop et par conséquent l'encrage au sol ne tient pas suffisamment, ce qui vous vaudra à coup sûr quelques sorties nocturnes pour vérifier ou/et retendre l'ensemble. L'encrage au sol... c'est justement et malgré tout ce que je viens de dire le plus gros point faible de mon nouveau "château" tout comme sa protection contre la pluie, la toile de tente extérieure ne couvrant que les ¾ de la surface habitable, je ne dispose que de 4 points d'attaches aux extrémités des arceaux, ce qui est trop peu. Aussi, je corrige ce défaut en conservant mon ancienne toile de tente extérieure (qui possède elle une dizaine de points d'ancrage), de la bonne vieille corde en plus venant se nouer aux extrémités des arceaux pour moins les sollicités, et le tour est joué!



Le poste frontière avec les États-Unis se trouve sur Osoyoos à 25 kilomètres d'Oliver. Le temps de faire mes emplettes et de tester ma nouvelle demeure, la journée est déjà bien avancée aussi je me contente d'une petite cinquantaine de kilomètres pour cette journée de remise en jambe. Bien entendu, la vallée d'Okanagan ne s'arrête pas comme ça d'un coup à la frontière et mes premières journées dans l'état de Washington seront donc consacrées à la traversée de ce semi-désert où se succèdent les vergers à proximité de la route, ce qui tranche radicalement avec l'aridité environnante. Les températures sont très chaudes et pendant les 2 premiers jours je progresse sous un soleil de plomb, il fait au moins entre 38 et 40 degrés et les coins d'ombres sont rares dans les parages. Heureusement, en ce Vendredi 28 Août, la route commence à longer la rivière Columbia, rendant cette chaleur un peu plus supportable. Pour mes pauses repas, je recherche toujours une zone d'ombre et même s'il faut parfois faire une dizaine de kilomètres pour trouver un coin répondant à mes exigences je finis toujours par trouver même lorsqu'il s'agit d'un terrain de camping privé et réservé à l'usage d'une paroisse de Portland pour la semaine. Je m'invite tout simplement! ce qui me vaudra, alors que je me faisais discret dans mon coin, de recevoir une généreuse invitation à partager leur repas, un bon barbecue! super!



La communauté religieuse est donc originaire de Portland dans l'état voisin de l'Oregon où je me rends justement pour remettre à neuf toute ma transmission qui a bien souffert de mon épopée Saharienne et d'une vingtaine de jours sans entretien, période durant laquelle le sable, s'infiltrant partout, a considérablement accéléré l'usure de toute cette mécanique. Au bout de 3000 kilomètres parcouru au Canada, il ne me restait ainsi plus que 4 vitesses en état mais comme j'avais acquis l'information entretemps que l'Oregon est un état exempt de taxes, et bien ma monture devait absolument tenir le coup jusque là. Depuis ce temps, et bien je roule en sous-régime car seul mon petit plateau est encore assez vaillant pour me soutenir, mais la plupart du temps ma fréquence de pédalage n'est pas du tout adapté au profil, ce qui commence à me valoir quelques douleurs dorsales, aussi est-il grand temps de pallier à ce défaut d'autant plus qu'une transmission dans un état pareil m'ôte également les options de routes de hautes montagnes (trop de tension dans la chaîne). Ainsi donc la paroisse me conseille de me rendre sur Hood River qui se trouve sur la route de Portland justement: "tout le monde amène ses vélos, voitures ou motos là bas. Vous trouverez ce qu'il vous faut, c'est la meilleure place".


Seulement, lorsqu'au Mardi 30 Août je franchis la rivière Columbia qui sert de démarcation entre les 2 états et que je jette un oeil à la route devant me mener sur Hood River, cette dernière ne m'inspire pas du tout et ce pour plusieurs raisons: la première, c'est le vent de face puissant qui souffle sans discontinuer le long de la rivière: la topographie du terrain (montagnes sur chaque rive) en fait un couloir parfait dans lequel le vent ne se fait pas prier pour s'engouffrer et à en juger par l'impressionnant parc éolien des environs, je comprends bien que c'est une constante du coin. La deuxième raison c'est la route en elle-même, beaucoup trop fréquentée. Aussi, je décide de pousser plus loin vers le Sud en direction de Bend, la prochaine ville d'importance des environs.



Depuis que j'ai quitté le Canada, je suis toujours resté sur la même route, la 97. Mais si dans l'état de Washington on trouve en moyenne une possibilité de ravitaillement chaque 50 kilomètres environs, au fur et à mesure de ma progression vers le Sud, les villages commencent à se raréfier, les vergers disparaissent et laissent ainsi de plus en plus d'espace au Great Sandy Desert qui s'annonce sur ma carte. Je me souviens encore comme si c'était hier de mon arrivé sur Kent, village fantôme si l'on excepte une petite boutique où je dois absolument me ravitailler en eau. Je tombe bien évidemment sur la boutiquière (une vieille dame à la mine figée) qui m'accorde le privilège de répondre à ma demande d'un ton sec. Wouah! charmante ambiance! Cependant c'est la seule personne ici. Aussi, malgré la grande qualité de l'accueil, il me faut tout de même lui demander à combien se trouve le prochain point d'eau car sur ma carte il n'y a rien d'indiqué avant une centaine de kilomètres mais il peut y avoir quelque chose qui n'est pas indiqué dessus car cette dernière englobe tout les États-Unis et l'échelle n'est pas suffisante pour tout signaler. "Rien ! il n'y a rien! Que de la poussière!" me répond-elle d'un ton qui laisse à penser qu'elle purge une peine de prison... Charmant personnage! Des ''villes'' fantômes comme celle là, je vais en trouver plus d'une sur mon parcours aux États-Unis et à chaque fois dans un style et une ambiance différente! mais c'est ça le Far West et à chaque fois que je vais débarquer dans une de ces ''villes'', même si mon autonomie est satisfaisante pour passer mon chemin, je ne pourrai m'empêcher d'aller systématiquement faire un tour dans le ''bar/poste/[...]/station service/épicerie'' pour voir un peu sur quel genre de personnage je vais tomber!



Vendredi 2 Septembre, Bend en vue! Hier au soir j'ai établi mon campement à une trentaine de kilomètres de la ville dans l'intention d'y arriver pour l'ouverture des boutiques afin de faire les modifications dans la journée je l'espère. Quand j'atteins la boutique vélo tout va bien! il est à peine 10 heures, le magasin dispose de tout le nécessaire en stock, mais le mécanicien a déjà pas mal de ''pains sur la planche'' aussi, il n'est pas sûr que les modifications soient terminées avant la fermeture du magasin à 17 heures. Bon! ce n'est pas grave car sur le chemin de l'aller, j'avais prévu le coup et j'ai déjà repéré un bon endroit pour bivouaquer et comme ils sont d'accord pour me garder une partie de mes bagages au cas échéant, il n'y a plus qu'à attendre!
-'' Il y a une course de vélo en ville aujourd'hui, pourquoi tu n'irais pas faire un tour?''
-'' C'est vrai ? et pourquoi je n'y participerais pas plutôt que de simplement regarder?''
Avec les kilomètres que j'ai déjà parcouru je pense avoir mes chances! en plus, bien que pratiquant le cyclisme depuis l'âge de 16 ans, je l'ai toujours fait pour mon propre plaisir et je ne me suis jamais lancé dans la compétition, ça ne m'a jamais réellement intéressé. Mais en voyage c'est une autre affaire, et qui me plait bien d'ailleurs!
-'' Oui mais hélas pour vous ce sont les championnats nationaux.''
-'' ha bon! alors trouvez moi un faux passeport, prêtez moi un vélo, n'oubliez surtout pas de mettre du gros braquet et je me charge du reste!''
Bien sûr ça ne se fera pas mais si une occasion comme celle-si se présente un jour dans une course de moindre importance, j'en serai croyez moi!



En fin d'après-midi, lorsque je repasse à la boutique, le travail est terminé mais bien qu'il me reste encore 3 bonnes heures de soleil pour rouler, je décide tout de même de bivouaquer à l'endroit repéré tantôt pour partir avec le plein d'eau demain car à partir de Bend je change de route et décide d'emprunter la 20 qui va me mener tout droit au parc national de Yellowstone, au coeur des Rocheuses. Mais pour cela il faut s'enfoncer pleinement dans le Great Sandy Desert où tout ce qu'on peut voir comme civilisation pendant 450 km se résume en 4 points sur ma carte et comme par cette chaleur persistante (qui me vaut une peau tannée comme jamais), je bois pas moins de 3 à 4 litres d'eau par jour, je préfère prendre toutes les précautions d'usage. Cela dit, si avant d'entreprendre la traversée du Sahara j'étais grandement impressionné par le désert (quand on a jamais fait ça c'est bien normal), et bien avoir effectué avec succès une telle entreprise a vu mon capital ''confiance en moi'' grimper en flèche et cette fois-ci c'est sans aucune hésitation que je m'y engage.



Pour bien que vous compreniez l'essence du Far West (ou Wild West comme l'appellent les américains), il convient de faire une petite leçon de géographie. Nous trouvons 2 chaînes de montagnes dans cette partie du globe: la Chaîne Côtière, qui s'étend du Yukon au Canada jusque la Basse-Californie, et qui comme son nom l'indique suit le tracé de la côte, ainsi que les Rocheuses, qui s'étendent elles de la Colombie Britannique jusqu'au Nouveau Mexique. Dans la partie la plus au Nord de ces chaînes de montagnes, les 2 se touchent mutuellement mais plus on regarde vers le Sud plus les Rocheuses s'écartent de l'autre chaîne en suivant une orientation Sud-Sud-Est, dégageant ainsi un espace aride et sauvage de plus en plus important et de plus en plus vierge de civilisation. C'est uniquement dans cette zone que va se passer mon périple américain, pour mon plus grand plaisir d'ailleurs, étant un fan absolu des westerns du maître Sergio Leone, mon vélo n'est plus un vélo mais devient un cheval mécanique et moi je deviens un cowboy des temps modernes! C'est parti!



La nouveauté de ce désert ci par rapport au Sahara et bien c'est qu'il est montagneux! D'ailleurs il a un autre nom et les américains l'appellent aussi ''High Desert'', un nom dont j'aurais volontiers fait la substitution si j'étais cartographe chez mon ''fournisseur'' car je ne m'attendais pas à tant de montées! Après quelques dizaines de kilomètres au sortir de Bend, la route commence à s'élever, m'emmenant par la suite sur un plateau a environ 1500 mètres d'altitude. J'ai décidément bien fait de partir avec le plein d'eau car avec les ascensions, ma consommation d'eau a augmenté. Avec une vélocité qui a retrouvé sa pleine mesure je peux a nouveau convenablement profiter des avantages que m'offre le terrain et 3 jours plus tard, au soir du Lundi 5 Septembre, les 450 km sont quasiment avalés et je suis de retour dans la civilisation (mais pas pour longtemps), non loin de passer en Idaho et de la ville de Boise où je vais pouvoir me ravitailler pour pas cher. Pendant ces 3 jours, les ''villes'' sur ma carte ont été pour la plupart de véritable ''trous perdus'' et d'un seul regard on voit à la fois le commencement et la fin des dites localités. A Brother, école fermé, maisons à l'abandon et j'en passe, je fais mon entrée dans le ''saloon'' des temps modernes pour prendre un bon café et m'imprégner de l'ambiance. déco surchargé, ''guest book'' (livre d'or) a signé (ce qui donne un peu l'impression que chaque entrée de voyageurs est vraiment un événement digne de figurer dans les annales de la ville), je tombe sur 2 grands-mères fort sympathique qui ne me feront cadeau de ma commande. Prochain endroit, autre décor! Éperons aux pieds, tableau à scores avec le nombre de serpents à sonnette tués depuis le début de l'année (score de 47) trônant bien en évidence derrière le comptoir, cette fois c'est un vrai cowboy de l'ancien temps qui m'accueille... et m'invite lui aussi à consigner mon passage dans le guest book. J'adore le Far West!

Au sortir de la ville de Boise, l'highway 20 laisse sa place sur une section de 50 kilomètres environ à l'interstate 84 (les interstates highway sont les autoroutes aux USA, sans péages, non interdit aux cyclistes, mais bien sûr au trafic épouvantable) avant de reprendre à hauteur de Mountain Home, où je me réengagerai dans le désert. Heureusement pour moi les interstates sont munies d'aires de repos dans lesquels il est toléré de poser la tente après s'être arrangé avec le gardien des lieux (je camperai a plusieurs reprises dans ce genre d'endroit et une seule fois j'ai été jugé indésirable.), ce qui me permet de m'éloigner un peu plus du son fort désagréable des rutilants moteurs des grosses voitures américaines. En cette soirée du Mardi 6 Septembre, je fais donc la connaissance de Vince dans une de ces aires. Vince est un motard de 52 ans, originaire de Portland lui aussi (décidément j'ai pris l'abonnement) et parcourant le pays a moto depuis de nombreuses années. Lorsque nous nous adressons la parole, il doit être aux environs de 18 heures. Vince hésite: reste t-il ici ou roule t-il encore jusqu'à la prochaine aire de repos, à 100 km au delà ? aussi me demande t-il mon avis.
-'' si tu veux continuer, fais le tout de suite parce que le soleil ne va pas tarder à se coucher. Il te reste une heure. Aimes tu rouler la nuit?''
-'' Non, mais j'aime bien boire ma bière en fin de journée et y en a pas ici.''
- '' Et bien pousse donc jusqu'à la première station service que tu vois, achètes la bière et reviens me voir! ''
Après quoi nous nous quittons, j'établis mon campement, mange un morceau, bouquine... jusqu'à ce qu'on ''sonne'' à ma tente (c'est à dire que quelqu'un la secoue), et là, l'ami Vince débarque, avec un bon pack de bières brunes à la main qu'il m'invite à partager. Quelle soirée! Nous ne nous coucherons pas avant d'avoir complétement refait le monde, vers 1 heure du matin.



Le jour levé, nous nous séparons après avoir partagé le petit-déjeuner, moi vers le désert et Vince vers la côte Est. Au sortir de Mountain home, je retrouve donc l'highway 20 avec un gros col à passer d'une distance de plus de 50 km. Démarrant mes journées avec 4 litres sur le porte bagage, aujourd'hui c'est un peu juste et au soir je dois rationner l'eau (je me garde un demi bidon pour la route du lendemain) et éviter de trop boire étant encore à 25-30 km du prochain plein possible. Les bières de la veille ont sans doute joué un rôle là dedans car j'ai bu plus que d'habitude dans le courant de la journée et du coup je me retrouve trop juste pour pouvoir boire à ma guise ce soir.



Samedi 10 Septembre. Après une semaine passé dans le désert, les arbres commencent à faire leur réapparitions. Yellowstone n'est plus très loin maintenant mais le parc se situe à environ 2400 m d'altitude, ascension au programme! De plus, une fois à l'intérieur de celui-ci, tout est beaucoup plus cher (comptez double prix pour les denrées alimentaires), je dois donc prévoir le coup et faire un bon gros avitaillement de plusieurs jours pour ne pas trop me ruiner inutilement. Pour ceux qui n'ont jamais entendu parler de Yellowstone, et bien nous dirons qu'il s'agit d'une zone à l'activité volcanique intense (le caldeira (sommet d'un volcan qui s'effondre) à un diamètre de 70 km!), plus de 200 geysers, territoire des ours noirs, grizzlis, bisons, coyotes, élan...bref un endroit unique où on en prend plein la vue et où il est commun de croiser au sortir d'un virage un bison en train de se désaltérer, ou de se balader tranquillement au beau milieu de la route!



J'atteins le parc le Lundi 12 Septembre et je n'en ressortirai que 2 journées et demi plus tard. Cependant, moi qui comptait me relaxer, en faire la visite intégrale en mode grand-père et sur une durée plus importante, c'était sans compter sur le fait que nous sommes presque mi-Septembre et que par conséquent nombre de camping pouvant m'accueillir ont déjà fermés leurs portes... et qu'il n'en reste que 2 sur les 5 pouvant accueillir les cyclotouristes (pour vous donner une idée le parc fait tout de même une fois et demi la taille des Vosges), l'un proche de l'entrée Ouest (celle par laquelle je suis arrivé), et l'autre vers l'entrée Sud. Bref on change la donne et je peux tout de suite évincer toute la moitié Nord de Yellowstone de mon programme, qui me contraindrait à des journées marathon. Je ne suis pas venu pour ça!


Je découpe donc mon exploration en 2 journées: lors de la première, l'objectif est d'atteindre le Grand Canyon du parc situé à 42 km de Madison. Je prends donc immédiatement 2 nuitées au camping de l'entrée Ouest afin de partir au petit jour demain matin (il faut penser au trajet retour dans le sens inverse et aux nombreuses pauses) avec une unique sacoche pique-nique afin de rester dans un état d'esprit détendu, contemplatif et avec une fatigue minimale. Pour la deuxième, je me dirigerai vers le deuxième camping sur Grant Village, une journée tranquille avec 60 kilomètres au programme (car cette fois ci je dois bouger avec tout mon équipement) mais avec beaucoup de choses à voir dans cette partie du caldeira, où la concentration de geysers est énorme. Bon! et bien établir des plans de généraux dès mon arrivé dans le parc n'était pas vraiment prévu mais c'est ça aussi le voyage! on s'adapte! et c'est d'ailleurs pour cette raison que moins on fait de plans mieux on se porte, de toute façon rien ne se passe jamais comme prévu! vive l'improvisation totale!




Malgré le nombre d'infrastructures ayant déjà fermé leurs portes et malgré un taux de fréquentation beaucoup moins important qu'en Juillet/Août, le nombre de camping-car reste impressionnant (si on peut les appeler ainsi car en Amérique du Nord ce sont plutôt des ''camping-bus'' je dirais), la circulation demeure donc elle aussi importante mais heureusement tout le monde roule à faible allure ici, bisons oblige! Je ne serai vraiment pas déçu d'avoir un peu cassé la tirelire pour venir dans le coin tant le spectacle que Mère Nature nous offre à Yellowstone est unique, à couper le souffle! au point que je ressentirai même un peu de regret de ne pouvoir rester admirer le coucher du soleil sur le bord du Grand Canyon... mais si je le fais, ça veut dire trajet retour de nuit... Dommage!



Pour ma deuxième journée, je vais donc admirer les geysers, les mares de boues et les sources d'eaux chaudes aux couleurs rouges, jaunes, bleues, vertes...des environs d'Old Faithful. Aucune sources ne se ressemble vraiment tant la palette de nuances est impressionnante. Malgré la distance toute relative de cette deuxième étape, je m'attarderai encore plus que la veille et arriverai sur Grant Village un peu avant le coucher du soleil. Un autre cyclo est déjà sur les lieux. Il s'agit de Steve, fraîchement retraité, qui réalise enfin son rêve de voyage à vélo qui lui trotte dans la tête depuis longtemps. Il est sur la route depuis 3 semaines maintenant et tout comme mon ami motard Vince, il part lui aussi rejoindre la côte Est. je passerai une très agréable soirée à partager mon repas avec cet homme simple, au timbre de voix posé, qui respire le bonheur et la satisfaction d'accomplir enfin ce qu'il a toujours gardé en lui malgré un délai de plusieurs décennies. Bon vent l'ami! et bravo!



Jeudi 15 Septembre. Je quitte un parc national pour en gagner un autre, celui de Grand Teton, une superbe chaîne de montagne qui s'élève à plus de 4000 m d'altitude et qui n'a toujours pas fini sa croissance, chaîne dont j'aurai eu le privilège de voir les 2 versants. Ce parc, on le gagne tout simplement en empruntant la 191 par la sortie Sud de Yellowstone. les 2 endroits se chevauchent presque et une bonne partie de l'altitude perdue au sortir de Grant Village est bien vite regagné une fois la ville de Jackson atteinte. L'highway 191 est une route que Vince m'a fortement conseillé d'emprunter pour rejoindre l'Amérique Centrale, et je le remercie encore aujourd'hui pour ce judicieux conseil car cette route là, je ne l'oublierai jamais de toute ma vie tant elle m'a fait forte impression.



Cette route, je vais la suivre pendant 10 jours. 10 journées folles car tout d'abord il faut savoir que celle-ci ne se laisse pas facilement apprivoisé. Chaque jour ou presque, elle me fait grimper ce que j'ai déjà grimpé, encore et encore... et encore! mais en contrepartie! aucune journée ne se ressemble! Par exemple une journée on traverse un désert, le lendemain on se retrouve toute la journée à longer un canyon, puis redésert, viennent ensuite les somptueuses roches rouges de l'Utah, et sans comprendre comment on se retrouve dans la forêt avant de retrouver de la rocaille! Chaque matin sur la 191 je me demandais ''Qu'est ce qui m'attend encore aujourd'hui!'' une question que je ne me pose jamais d'habitude!



Il faut savoir aussi que cette route mettra votre mental à l'épreuve et ici tous les cyclistes sont logés à la même enseigne car il n'y a vraiment pas grand chose en possibilité de ravitaillement. Témoin ma rencontre avec 2 cyclistes canadiens rencontrés en ce Vendredi 16 Septembre au sommet d'un col que j'atteins de justesse avant qu'une pluie de grêle ne s'abatte sur moi. James et Michel, 65 ans environs tout 2. Nous nous croiserons à de nombreuses reprises jusqu'au lendemain soir après une étape de baroudeur de 160 kilomètres mené par gros vent d'Ouest constant et qui va nous titiller le flanc droit quasiment toute la journée. L'âge, la route s'en moque bien et ne fait pas de cadeaux: s'ils veulent à boire pour le Dimanche, tout comme moi, ils n'ont pas le choix! il n'y a rien et il faut absolument atteindre Rockspring! Nous sommes bien entendu toujours en altitude au départ de cette épique étape de baroudeur:
''et la surprise du jour de la 191 est... (roulements de tambour)...Un désert situé sur un plateau! Félicitation! pas trop d'ascensions donc, il y a bien de petites bosses mais rien de bien sérieux par rapport aux jours précédents. Mais méfiez-vous ! nous sommes en montagne et le temps change vite dans le coin!'


Si le temps change vite, heureusement que nous nous situons sur un plateau car il est impossible de se faire surprendre par l'orage ainsi. Cette étape, je vais la mener en véritable chef d'orchestre. Par moment poussant l'allure pour éviter un mauvais grain, alors qu'à d'autres je temporise pour en laisser passer un autre. Ce qui me vaut de passer la journée au sec contrairement à mes amis canadiens, moins attentifs que moi aux conditions météorologiques. Lors de ma temporisation, ils me doublent et je ne les reverrai qu'en fin d'étape, où je vois bien à leur allure sur le vélo qu'il est grand temps d'arriver pour eux.

Dimanche 18 Septembre. Voilà! je ne reverrai plus James et Michel car l'un d'eux étant pasteur, le Dimanche ils ne roulent jamais. Aujourd'hui, je quitte le Wyoming pour rentrer en Utah avec ses fameuses roches rouges aux formes arrondies. Au sol, je constate que le sable a exactement la même couleur. Le mardi 20, en fin d'étape, alors que je fais quelques courses, je remarque un vélo de cyclo très curieux avec une seule sacoche installé dessus. Au début je pense a un américain qui a déjà voyagé, et qui une fois de retour au pays continue à se servir de sa monture pour le shopping. Mais si la conversation avec la propriétaire s'engage en anglais, elle passe très rapidement dans la langue de Molière! Annick est partie seule faire les courses pendant que le reste de la famille est resté sur les lieux du parc où ils ont déjà pris toutes les dispositions nécessaires pour passer une bonne nuit (entre autres celle de demander, une fois l'autorisation de dormir dans le parc accordée, de couper l'arrosage automatique pour la nuit). ''Génial! je peux me joindre a vous?''

Et oui vous avez bien lu ''le reste de la famille'' car la famille Le Saux, originaire de Nancy (le monde est vraiment petit par moment) comporte 5 membres, et outre Annick (?? ans :p) dont nous avons déjà fait brièvement la connaissance, il y aussi son mari David (38 ans), et les 3 enfants, Alexane (9 ans, voyage sur son propre vélo), Elouan (7 ans, équipier d'Annick sur le vélo pino n°1) et la petite dernière Arwen (4,5 ans, équipière de David sur le vélo pino n°2). Mais c'est quoi cette drôle de machine? jamais vu ça avant mais en tout cas c'est sûr, c'est bien pratique pour voyager en famille! Tout ce petit monde est sur la route depuis le mois de Juillet et ont prévu un superbe parcours qui va les emmener pendant 16 mois sur de nombreuses routes du continent. Encore une belle soirée d'échange en compagnie des enfants qui sont tous d'une insatiable curiosité et des heureux parents bien sûr, avec lesquels nous échangerons nos expériences de voyages.

Le lendemain matin, toute la famille est sur le départ alors que je n'en suis pas encore à ranger le matériel mais on ne se dit pas encore au revoir car nous empruntons la même route aujourd'hui, une dure journée avec un col à passer dont le sommet culmine à environ 2775 m. Voyageant avec les enfants (et puis il faut faire les devoirs scolaires aussi), ils ne font pas autant de km que moi en une journée et je les rattraperai facilement. Une fois à leur hauteur, c'est un réel plaisir que d'être le témoin de l'harmonie et de la complicité qui règne chez eux. Grâce à leur drôle d'engins on peut se parler très facilement, je regarde bien les enfants et ça saute aux yeux! ils aiment ça! la petite Arwen pédale avec les mains pour aider son papa, Elouan avec son appareil photo en bandoulière me parle de Mushu (le dragon dans Mulan) et Alexane qui avant le voyage était quand même un peu triste de quitter ses poneys pédale elle aussi dans la joie. Alors Famille Le Saux je vous tire mon chapeau et suis vraiment admiratif (car il en faut de l'équipement pour promener tout ce beau monde. Et des enfants! sur les routes du monde à pédaler, c'est formidable!), c'est tout simplement génial ce que vous faites, je suis fan!



Vendredi 23 Septembre, non loin de Moab et de ses arches, l'art du temps si on peut dire! Je ne ferai pas la visite de ce parc là car je dois vous l'avouer, la méchante côte que j'aperçois juste après les guichets ne m'en donne pas du tout envie et puis au loin, avec l'aide de mes jumelles, j'ai pu admirer certaines d'entre elles et comme j'en reverrai d'autres en cours de route plus tard dans la journée, j'aurai quand même profiter de la beauté du coin, et gratuitement! Le lendemain je passe dans le Colorado et quitte la 191 pour l'highway 160, une route qui me fait mettre le cap à l'Est. Les paysages au Colorado changent radicalement avec l'aridité qui règne au Far West et ici je retrouve de la haute montagne, des forêts, des ours et la civilisation. Je me trouve à environ 2000 m d'altitude et dans les parages, les couleurs d'automne ont déjà pris le dessus.


Au Mardi 27 Septembre, un terrible col à passer: la Wolf Creek Pass, dont le sommet culmine à environ 3290 m. Cette ascension est l'une des plus éprouvantes de ma vie de cyclo et seule la route qui mène à Sapa au Vietnam et celle de Katmandu au Népal sont dignes de tenir la comparaison. Je n'ai pas fait attention à la durée de l'ascension mais ce fut long, très long et une fois arrivé au sommet, il me faut braver la pluie, que je quitterai au cours de la longue descente qui va me mener jusque South Fork.


Depuis que je suis dans le Colorado, tout doucement le Mexique s'annonce. Les noms des villes (Mancos, Antonino, Monte Vista...) et des parcs (Mesa Verde), l'architecture aussi, et les habitants des environs, je ne suis plus très loin! Au Mercredi 28 Septembre je fais mon entrée dans l'état du Nouveau-Mexique justement où je retrouve de l'aridité. La nouveauté ce sont les cactus et autres épineux qui commencent à être là eux-aussi, ce qui va me valoir de nombreuses crevaisons malgré le fait de rester vigilant à ce qui m'entoure.

Mardi 4 Octobre, pas de chance! Hier soir j'ai crevé pour la 7ème fois en 10 jours (ce qui est beaucoup). Je démarre donc ma nouvelle journée après avoir réparé et deux heures plus tard... je crève une nouvelle fois à cause d'un résidu de pneu éclaté cette fois...aussi je me met à la recherche d'un coin à l'abri du vacarme des voitures pour pouvoir réparer sans utiliser d'eau (les environs sont à nouveau désert et je n'en ai plus beaucoup) pour détecter le trou dans la chambre à air. C'est alors qu'un pick-up vient à ma rencontre et se propose pour me déposer dans la prochaine ville, à 30 kilomètres au delà, offre que j'accepte avec grand plaisir. En chemin, je sympathise avec mon chauffeur, Bret, qui travaille dans l'exploitation pétrolière et qui a à faire en ville justement. Avant de me déposer, il m'invitera même au restaurant et au moment de nous séparer, me glisse un billet de 20 $ dans la main. Merci! tu m'as beaucoup aidé et évité une bonne galère car au moment de réparer, je constate que le trou est trop petit pour être détecté au son et j'aurais dû utiliser l'eau qui me restait et par conséquent m'en privé pendant 30 km.


Mercredi 5 octobre. Après 37 jours consécutifs à rouler, aujourd'hui repos total! Hier au soir j'ai subi 2 violents orages et le vent est fort en cette nouvelle journée. Aux États-Unis, même quand il n'y a rien, les abords des routes sont clôturés presque partout, ce qui me vaut de camper souvent aux bords des routes et d'être bien visible de tous. Je passerai toute la journée à lire (J'ai récupéré ''Les trois mousquetaires'' au Canada). Au soir, une voiture s'arrête à ma hauteur et klaxonne: Eddie Lasso a aperçu ma tente ce matin en allant travaillé et passe me voir avec tout un tas de bonnes choses: eau fraîche, nourriture, argent, cigarettes... Cet homme se plie en 4 pour me faire plaisir! et juste avant d'aller retrouver sa famille, il me dit de bien l'attendre demain matin avant que je reprenne la route, il veut m'offrir le petit-déjeuner. Quel homme!


Samedi 8 Octobre. Je me trouve sur Presidio, au Texas, le poste frontière avec le Mexique. Depuis que je suis aux États-Unis, j'aurai entendu de tout sur ce pays qui a très mauvaise réputation ici : du ''Personne ne va là-bas'' en passant même par le ''Il te faut une arme''... Il est vrai que les puissants cartels des drogues se livrent entre eux une guerre de pouvoir et comme il faut bien qu'ils acheminent leurs drogues en Amérique du Nord, et bien il ne faut pas franchir la frontière n'importe où (par exemple le poste frontière El Paso/Ciudad Juárez a fait 2500 morts l'an dernier m'a t-on dit), mais je suis au Mexique depuis 3 jours maintenant et j'aime l'ambiance ici! Les gens adressent facilement la parole, sont souriants, très éloigné du portrait que m'en ont fait les américains! et même s'il est vrai que cette partie du Mexique comporte une part de risque, les gens sont serviables et m'ont déjà expliqué par où il fallait passer pour minimiser mes chances de me retrouver dans une situation embarrassante.



Le mardi 11 Octobre, j'atteins donc la ville de Chihuahua après 3 étapes montagneuses. Les routes sont étroites, dans un état moyen et il n'y a pas grand chose (3 villes de traversée en 3 jours), je décide de poser un peu mes valises ici et goûter un repos bien mérité après ma grande chevauchée américaine. Hasta luego amigos!

Quelques chiffres :
- A ce jour j'ai parcouru environ 4650 km au États-Unis en 46 jours et 44 étapes, soit une moyenne de 105,7 km par étape et 240 km au Mexique en 3 jours et 3 étapes, soit une moyenne de 80 km par étape.
- Le compteur total s'élève à environ 35918 km, en 696 jours et 417 étapes, soit une moyenne de 86,1 km par étape.
- 128 cols franchis au total.
- 6230 euros dépensés à ce jour, soit une moyenne d'environ 8,9 euros par jour.

7 commentaires:

  1. TU AS DELA CHANCE DE VOIR CE PARADIS EN REEL NOUS EN PHOTO HIHIHI

    SANTOLO

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  2. C'est toujours agreable d'avoir de tes nouvelles..... un beau periple Julien! on attend deja la suite!

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  3. Génial !

    C'est étrange d'être passé de l'aventurier au lecteur. Et il n'y a rien à faire, l'envie de repartir est toujours là, enfin je répondrai plus en détail par mail.

    La côte Ouest des Etats-Unis a l'air vraiment sympa à faire, tous ces noms dont on entend toujours parler (comme le Grand Canyon...), l'avoir en face de soit ça doit être quelque chose!

    J'ai ri quand tu parlais de la tente, c'est sûr que la mienne était vraiment pas une bonne pour ce genre de périple. J'ai d'ailleurs remplacé les arceaux en aluminium par des arceaux en fibres car j'avais cassé une quinzaine d'arceaux en alu!! Mais niveau poids, c'est presque le double je pense...

    Pour le Mexique, j'avais rencontré une française en Norvège qui avait vécu au Mexique 3 mois, et en effet, elle m'a dit énormément de mal sur ce pays. Donc fais bien attention à toi et reste toujours sur tes gardes.

    Je suis vachement impressionné par les distances que tu as faites en si peu de temps. Des moyennes à passé 100km, c'est dingue avec le vélo chargé! Et pour les crevaisons, j'ai acheté des Schwalbe Marathon Plus, seulement 35€ le pneu et ils possèdent une gomme épaisse à l'intérieur anti-crevaison. Je connais un cycliste qui a fait passé 30000km avec ces pneus et il n'a eu qu'une seule fuite! Ils sont un peu plus lourd, mais aussi plus roulant que les tiens je pense.

    Superbes photos, et superbes récits, continue !

    A bientôt et au plaisir de te lire !

    Enjoy ;)

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  4. Ça aurait été complètement craqué que tu participes aux nationaux !
    Bah sinon je vais pas être original : tu déchire, on pense bien à toi, keep on !

    Don.

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  5. BONJOUR COWBOY JULIEN,
    TOUJOURS AUSSI TEMERAIRE !
    C'EST IMPRESSIONNANT LES KMS PARCOURUS, LES PHOTOS SONT MAGNIFIQUES, LES RECITS TOUJOURS AUSSI PASSIONNANTS ! VIVEMENT LA SUITE !
    PRUDENCE AU MEXIQUE JULIEN.
    NOUS PENSONS BIEN A VOUS, BONNE CONTINUATION, BISOUS DE MAMY ET AGNES

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  6. Que dire? Sauf que ton style, ainsi que ton francais est a la hauteur; impeccable. Bien que je ne sois pas francophone je ne peux que rever d'ecrire a un niveau pareil. Tes pérégrinations me font rever et me donnent de l'inpiration de (re)prendre mon baton de juif errant et devoiler a nouveau mes ailes pour voir et decouvrir cette immense planete que est la notre.

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  7. Michel Charland, le 4 septembre 2014

    Bonjour Julien,
    On s'est rencontré la première fois le 16 Septembre 2011 durant notre périple de vélo à partir de Canmore en Alberta en direction sud vers El Paso au Texas. En présence de James, nous avions eux quelques intéressantes rencontres qui nous a convaincu que Julien était un authentic avanturié remplit de projets incluant la poursuite de son voyage en Amérique vers le Sud. Nous lui avions suggéré de traverser la frontière USA-Mexique un peu plus à l'est afin d'éviter des défits incontrolables. Depuis le début de 2012, j'ai consulté ton site internet à de nombreuse occasions sans pouvoir lire la suite de ton voyage. Serait-il possible de nous donner de tes nouvelles! James est inquiet du fait que l'on n'est plus capable de lire ton journal!

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